Le doyen du campus de Bayonne est plus prudent que son chef. Jean-Michel Uhaldeborde, président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), occupée depuis plusieurs jours par des étudiants opposés au contrat première embauche (CPE), s’est déclaré hier favorable à une suspension du CPE, à l’image de plusieurs de ses collègues. "Je me suis déjà exprimé à l’intérieur de l’Université sans faire de lettre ouverte au Premier ministre, en disant toutes les interrogations que j’avais sur le CPE", a indiqué sur la radio France Bleu Pays Basque, M.Uhaldeborde, économiste de formation, ayant notamment travaillé sur les politiques de l’emploi. "Je pense (...) qu’une mesure d’apaisement (de la part du Premier ministre, ndlr) serait de dire je suspends l’application du CPE (...) jusqu’à ce qu’on puisse régler les questions qui se posent", a déclaré le président de l’UPPA qui a suspendu toutes les activités d’enseignement sur l’ensemble du campus de Pau jusqu’à mercredi. Rien de tel à la faculté pluridisciplinaire de Bayonne, ou à la faculté de Montaury à Anglet.
Le doyen de la première, Philippe Zavoli a indiqué que ce n’est "pas le rôle d’un directeur de donner son avis ou d’aller dans les manifestations avec une banderole". Cela dit, le dirigeant de la fac de Bayonne a indiqué qu’il ne ferait rien qui puisse empêcher les manifestations des étudiants, tel que l’organisation d’examens un jour de grève.
Absence de syndicat
Concernant l’absence de mouvement étudiant au sein de sa faculté, le doyen confirme l’analyse qui l’explique par l’absence de syndicat étudiant contestataire. Ainsi, Bayonne doit être l’un des rares campus de l’hexagone à ne pas avoir eu d’assemblée générale étudiante hier. En outre, Philippe Zavoli, ajoute à l’explication, la faible proportion d’étudiants en lettres au Pays Basque 150 sur 2500. Le mouvement étudiant est parti, et a surtout touché les départements de lettres, explique le doyen. De là à conforter l’idée selon laquelle ce n’est pas en droit majoritaire à Bayonne que les mouvements étudiants trouvent leurs terrains de prédilection...
Cependant, certaines classes d’étudiants en droit ont d’ores et déjà averti leurs enseignants qu’ils feraient grève demain jeudi. Le mot d’ordre est lancé dans toutes les universités. Il est repris à leur compte par les groupes IA, LAB Gazte, Apatrides et Segi qui donnent rendez-vous à 10h à la faculté pluridisciplinaire de Bayonne, et le 18 mars à 10h30 à Ste-Ursule, avec les autres syndicats.