Garbiñe Eraso / Membre d'Askatasuna
Dimanche tous à Larresoro!
U ne nouvelle année commence. Une année que l’on voudrait différente, où l’on prendrait de bonnes résolutions, où l’on partirait sur de bonnes bases. Malheureusement, après quelques jours de fêtes passés en famille et entre amis, nous nous confrontons à la perspective navrante d’un éternel recommencement.Déjà, l’année 2007 s’est achevée sur des événements dramatiques. Des dizaines d'arrestations et d'incarcérations arbitraires de citoyens basques pour leur militance politique, en conséquence du procès 18/98, ainsi que de jeunes militants basques ; les tortures barbares qui ont été subies par Gorka Lupiañez, et la mort de Nati Junko sur les routes de la dispersion... Un mois de décembre où l’on a retrouvé en concentré tout ce que le conflit politique que nous vivons en Pays Basque peut apporter comme épreuves et souffrances. Et cette nouvelle année ne s’ouvre pas sous les meilleurs augures : répression, meeting du Mouvement pour l’Amnistie interdit, arrestations, tortures... Igor Portu et Mattin Sarasola seront les premiers noms sur la liste des personnes qui seront torturées par les forces de police espagnoles durant cette nouvelle année 2008. Comme des milliers de citoyens basques ont été marqués dans leur chair par la torture ces 30 dernières années. Une marque indélébile. La torture est une méthode utilisée systématiquement par les forces de l’ordre espagnoles qui l'ont standardisée par des pratiques pensées pour ne pas laisser de traces (application d’un sac plastique sur la tête, la baignoire...). Mais parfois, ils dérapent et les coups sont voyants. Il faut être d’une totale mauvaise foi ou faire preuve d’un cynisme le plus total pour nier cette évidence. Certains semblent se réveiller et déclarent qu’il pourrait y avoir une suspicion de mauvais traitement dans le cas d’Igor Portu. D’autres enfin, comme les autorités espagnoles, la nient, car elle est leur instrument de terreur au Pays Basque, et n’ont de cesse de se draper des oripeaux de la démocratie, pour mieux la justifier. Mais tous les ans, de nouveaux rapports internationaux, Rapporteur de l’ONU, CPT, Amnesty Internationale... viennent confirmer ce fait objectif. Des citoyens basques sont torturés sous le couvert de la loi antiterroriste et ce au vu au su de toute l’Europe. On ne peut pas douter que durant cette année 2008, la politique de la dispersion provoquera d’autres drames. En effet, avec plus de 700 prisonniers politiques basques dispersés dans l’ensemble de la géographie française et espagnole, compte tenu des distances moyennes et des voyages réalisés en voiture, le calcul de probabilité est relativement élevé. On peut supposer que d’autres que nous, les ministres français et espagnols ont les capacités de faire les mêmes probabilités. Mais cela est sans aucun doute une variable tout à fait négligeable pour eux, face à l’objectif répressif qui est fixé. Tout comme l’isolement politique, la volonté de détruire le collectif des prisonniers politiques basques prime sur tout. En 2007, le constat était clair la situation des prisonniers politiques a empiré. Loin d’une démarche de résolution du conflit, le choix des gouvernements français et espagnol a été clairement vers une stratégie répressive, en renforçant les législations antiterroristes, en multipliant les arrestations, les interdictions et illégalisations d’actes politiques. La perspective pour l’année 2008 est claire, d’ailleurs cette semaine à Paris, Messieurs Sarkozy et Zapatero se sont félicités de leur collaboration et se sont promis de continuer sur cette bonne voie. On peut donc penser que d’autres opérations et montages policiers du type de celle menée en septembre à Baiona et Donibane Garazi, sont à craindre. Ce constat de renforcement de la répression est également celui de ces 30 dernières années, toujours plus d’arbitraire et d’atteintes aux droits. Pourtant, loin de se décourager la société basque, tout au long de ces années, s’est mobilisée pour réagir et faire front. Il est donc plus que jamais nécessaire de s'unir, de les empêcher de poursuivre cette barbarie. En ce début d’année, et vu la situation, la tentation peut être grande de sombrer dans le pessimisme. Mais souvenons-nous: nous avons déjà obtenu beaucoup par le passé, nous pouvons et devons obtenir plus encore. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser, revendiquer nos droits, dénoncer les injustices. Dans ce sens, Elkartasun Eguna, à Larressore dimanche prochain sera un rendez-vous incontournable..
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