De quoi rester en chien de faïence
·Jacques Rouffet, collectionneur passionné de faïences landaises de Samadet, prête ses fonds au Musée basque
Le visiteur lambda ne verra dans cette enclave du Musée basque que des assiettes fleuries dans des vaisseliers, là où se cachent en fait des pièces d’anecdotes formidables. C’est en visitant la collection avec son propriétaire Jacques Rouffet que les services prennent tout leur sens. Le collectionneur le dit lui-même "ce qui prime c’est l’histoire de ces faïences, de savoir comment je les ai récupérées".
Pour poursuivre l’¦uvre de ces ascendants qui avaient débuté la collection, comme on part pour la quête du Graal, Jacques Rouffet ne lésine par sur les moyens. Déguisé ou pastiché de moustache dans les salles de vente, il joue aussi de tout un apanage de stratagèmes pour éloigner ses concurrents en les envoyant à l’autre bout de l’Hexagone sur une pièce moindre pour obtenir un élément de sa convoitise. Ou encore de passer 10 années à tanner les propriétaires familiaux afin qu’on lui cède des pièces "dont on n’enlève jamais la poussière du XVIIIe siècle".
Passion pas sioniste
De père en fils chez les Rouffet, on entretient "le chauvinisme local qui a contribué à donner de la valeur à la production du bassin de l’Adour". Et aujourd’hui, la faïence de Samadet passionne. Réalisée entre 1732 et 1831 aux confins des Landes, elle décrit l’histoire du bassin de l’Adour.
Débutée sur un modèle rouennais puis faisant apparaître furtivement entre les chinoiseries à la mode de l’époque, des lamproies (un poisson en recrudescence dans les flots de l’Adour), des palombes, des scènes de paysans landais.
Parmi les pièces originales en bleu, ou camaïeu de vert, la caractéristique des objets du cru reste cependant l’alliance polychrome rose-oeillet-papillon. Jacques Rouffet livre le secret pour reconnaître l’originalité de ces décors "les pétales ne sont pas organisés de façon concentrique mais selon une ellipse tangente marquée par un petit point de repère et une tige qui se termine en S comme Samadet".
Pièces de musée
Alors quant le Musée basque a eu vent des travaux dans sa bâtisse de la Croix Rouge qui auraient obligé Jacques Rouffet a laissé sa collection dans des cartons, il lui a tout de suite proposé d’exposer la collection la durée des travaux. Et afin de la mettre en valeur, de confectionner des vitrines en tronc de châtaignier massif. Pour ancrer l’action de médiation culturelle autour de cette pratique artistique, le Musée organise un atelier pour les enfants : "comment naît une assiette", puis dans un second temps de programmer une exposition en 2009 consacrée à la faïence.
En attendant, Jacques Rouffet se tient disponible pour éclairer les visiteurs et leur conter la foule d’histoires croustillantes qui enrobent sa collection.
D’autres pièces sont exposées au Campbell Museum du New Jersey, au Musée national de la Céramique de Sèvres. Un service de 120 pièces est conservé au Musée Pyrénéen du Lourdes.
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