Des rencontres improbables au Pays Basque pour un premier festival de performances
·La Compagnie Lézards qui bougent propose de découvrir pendant dix jours "la face cachée de la création contemporaine"
Musique, vidéo, cinéma, théâtre, se mêlent dans un genre inclassable et donnent lieu au Pays Basque au premier festival de performances."Rencontres improbables" propose une trentaine de rendez-vous presque entièrement gratuits du 30 septembre au 20 octobre entre Bayonne, Anglet et Biarritz.La Compagnie Lézards qui bougent, à l’origine de ce projet, entend ainsi proposer au public basque de "vivre et partager les préoccupations des artistes d’une façon ludique et incongrue".Pour sûr, puisqu’il s’agira d’explorer une terra incognita et de "vivre ensemble les premiers pas sur la face cachée de la création contemporaine".Une programmation pluridisciplinaire qui s'appuie sur des partenaires locaux et entre en résonance avec des événements culturels au Pays Basque.Ce sera notamment le cas de la performance musique et vidéo intitulée Comment ne plus être humain, qui se fera à Anglet avec le festival de Montaury, ou L’exil, qui abordera, en mêlant théâtre et musique, le sujet de l’immigration dans le cadre de l’hommage qu’Anglet rendra à Aristides de Souza Mendes, Consul du Portugal à Bordeaux, qui mit sa vie en péril pour permettre à plusieurs dizaines de milliers de personnes de fuir le régime nazi. Un exil qui sera accompagné par la voix de poètes exilés
et deviendra voyage musical grâce au piano de Marina Pacowski.Produite par les
Lézards qui bougent, cette performance dira l’errance, le déracinement, et
questionnera l’identité.Les poètes Anna Seghers, Paul Celan, Agota Kristof,
seront dits par la comédienne suisse Maria Perez.
Le festival Rencontres improbables entend également
permettre à des artistes venus de pays et d’horizons divers de se rencontrer sur
la Côte basque.Ainsi, les passagers, qui présenteront Comment ne plus être
humain, sont plus connus au Québec et dans le monde de la musique.Ils se
produisent depuis cinq ans sur la scène électronique montréalaise et mettront en
musique et en vidéo cette performance questionnante pour le festival de
Montaury.Musique et ambiances sonores, parfois stridentes et inconfortables,
parfois profondes ou rugueuses, décrivent le chemin émotif de ces humains
fragiles et dépourvus qui se débattent à la lisière du vivant et de l’inanimé.Il
sera également question de peau humaine dont le contact, avec différents objets
ou textures, sera au centre d’une observation quasi zoologique.L’État de folie
est tout près et finit par se mêler à une dimension onirique oppressante ou
libératrice.
La compagnie Lézards qui bougent, dont la dernière
création, Big Shoot, a été créée au Québec, ouvre ainsi de nouveaux horizons en
terre basque.Pour ce festival, la troupe bayonnaise mettra également la main à
la pâte en produisant trois performances, L’Exil, Des voies étroites et
Jazz.Pour cette dernière mise en scène, Kristian Frédric, le meneur des Lézards
qui bougent renoue avec l’écriture Koffi Kwahulé, l’auteur ivoirien de Big
Shoot.On y retrouve un univers sombre, de mort et de violence, qui rappelle
également des scènes de mythologie.Musique, vidéo et théâtre accompagneront
cette écriture vigoureuse qui sera dite à deux voix par Véronique Alzieu et
Cathy Pedeulacq.Enfin, les Lézards qui bougent produisent Des voix étroites
d’après les textes, les images et la musique d’un auteur bordelais, Thomas
Seron.Une ¦uvre bâtie sur les récits de vie et les vestiges d’un équipement
ferroviaire bâti à la hâte et aujourd’hui désaffecté.Un train-train quotidien
qui devient extraordinaire et sublimé dans la musique chaude et les images
rectilignes.
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