Une quarantaine d'intermittents du spectacle Béarnais et Basques ont occupé mardi après-midi la Direction départementale du travail et de l'emploi (DDTE) des Pyrénées-Atlantiques à Pau, avant d'être évacués par la police, a-t-on appris auprès du syndicat des artistes musiciens du Sud-Ouest (Samso) CGT. Après plus de deux heures d'occupation, les intermittents ont été expulsés vers 17H30 à la demande de la DDTE, a expliqué Pascal Bordagaray, l’un des responsables du Samso-CGT à Pau. Cette action a été menée à l'occasion de la poursuite à Paris des négociations entre patronat et syndicats sur l'indemnisation du chômage des intermittents du spectacle, qui a dû être suspendue.
Un accord sur l'indemnisation du chômage des intermittents, auquel s'oppose le syndicat CGT, demeure donc suspendu à la conclusion préalable des négociations sur le régime général de l'assurance chômage.
La CGT refusait mercredi de signer un tel accord, sur lequel se sont mis d'accord le Medef et plusieurs autres syndicats.
Les pourparlers sur les annexes 8 (qui régissent l'indemnisation des techniciens du spectacle) et 10 (artistes) étaient de toute façon reportés dans le sillage des négociations sur la convention générale de l'Unedic, au terme d'une longue nuit de tractations entre les partenaires sociaux.
Le chef de file de la délégation patronale Denis Gautier Sauvagnac (Medef) a déclaré qu'il envisageait de reprendre la négociation hier.
"Alors que nous étions assez proches d'un accord sur la convention générale de l'assurance chômage et que le débat sur le régime des intermittents était bien engagé, il s'est produit un incident de dernière minute dû, nous l'espérons, à un malentendu", a indiqué M.Gautier Sauvagnac. Auparavant, la CFDT avait indiqué qu'elle était prête à signer une reconduction du protocole signé en juin 2003 sur l'indemnisation chômage des intermittents, doté de quelques améliorations selon elle.
Mais la CGT affirme que ce protocole "aggrave en fait la situation" par rapport à celui de juin 2003. L'accord signé en juin 2003 par le Medef et les syndicats (sauf la CGT-spectacle, majoritaire dans la profession) est très contesté par les intermittents car il a durci les conditions d'indemnisation du chômage pour cette catégorie de professionnels.