Démos : "Mieux vauttard que jamais"
"Le changement d’attitude" des pouvoirs publics envers l’euskara est perçu positivement par les Démos ; "mieux vaut tard que jamais" a commenté le porte-parole Gorka Torre, au surlendemain des déclarations de l’Office Public. "Il était temps que les pouvoirs publics se saisissent du dossier. Le schéma d’aménagement prévoyait déjà en 1996, il y a bientôt dix ans, des mesures en faveur de la langue basque dans la vie publique, rien n’a été fait jusqu’à présent" a-t-il souligné, espérant que le temps perdu pourra être rattrapé. Mais le mouvement de désobéissance civile estime que rien n’est encore fait, même s’ils commencent à récolter les fruits d’un travail de longue haleine. "Une réelle politique linguistique efficace reste à mettre en place et les raisons qui nous ont poussés à engager une lutte de désobéissance civile pour l’euskara en l’an 2000 sont toujours en vigueur. Ce n’est donc pas le moment de baisser les bras" a-t-il ajouté.
Un changement d’attitude également perceptible de la part du nouveau directeur de la poste des Pyrénées-Atlantiques, Monsieur Idier, que les Démos ont rencontré mercredi. "Après trois ans et plusieurs mobilisations, nous avons finalement obtenu un rendez-vous" a remarqué Gorka Torre, annonçant que le directeur de la poste a mis en place un groupe de travail en coordination avec l’Office Public afin d’examiner ce qui peut-être fait afin d’augmenter la présence de l’euskara dans les services postaux. Les Démos arrêteront leurs actions sur ce terrain pour l’instant, mais resteront "vigilants".
En revanche, rien ne semble bouger à la SNCF, pas dans le bon sens en tous les cas. Les travaux engagés dans la gare de Bayonne n’ont fait qu’accentuer la discrimination envers les locuteurs bascophones" estiment les Démos. En effet, les nouveaux guichets indiquent au public quels sont les agents qui parlent l’anglais et l’espagnol, mais ne disent rien sur ceux bascophones. "Nous en avons assez de mendier, de toujours quémander" a repris Gorka Torre, qui appelle tous ceux soucieux de la sauvegarde de la langue à gagner la lutte "contre l’attitude discriminatoire de la SNCF". Les Démos ont fait part de leur incompréhension face à l’attitude de ce service public, "qui ne répond même pas aux aides financières proposées par l’Office Public". Une réunion avec la direction des chemins de fer est prévue début janvier. Les jeunes en jaune ont également interpellé l’Office Public afin qu’il trouve une solution aux amendes auxquelles les Démos doivent faire face, en conséquence des actions menées pour dénoncer cette discrimination. Il s’agit de près de 60 000 euros.
Autre point à régler pour les Démos, les problèmes des tribunaux, qui acceptent que les bascophones du sud puissent s’exprimer en euskara, et pas ceux du nord. Les Démos ont sommé l’Office à agir avec "cohérence", en soulignant qu’ils souhaitent que les paroles soient suivies d’actes concrets, et qu’ils ne se contenteront pas de "quelques débuts de réponses limitées à la Poste ou à Surfrider", pour reprendre les exemples présentés par le président Max Brisson.
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