Coupe d’Europe - Finale Toulouse-Munster
Toulouse : et maintenant ?
·Après sa finale de Cardiff, les Toulousains doivent se tourner vers le Top 14
Le Stade Toulousain, qui a échoué (13-16) samedi face aux Irlandais du Munster à remporter son quatrième titre européen, doit au plus vite évacuer sa frustration pour tenter de conquérir, en guise de consolation, un titre de champion de France qui le fuit depuis 2001.
Se ressaisir, et vite! Il est des défaites incontestables, où la supériorité de l’adversaire saute aux yeux des joueurs et des spectateurs. Où l’on mesure le chemin qui reste à parcourir pour tutoyer les sommets et pouvoir se comparer aux meilleurs. Mais rien de tout cela n’est arrivé samedi au Millennium Stadium de Cardiff. Au contraire, les Toulousains avaient "largement la place", pour reprendre une expression de Cédric Heymans, dont les inspirations, parfois osées jusqu’à l’absurde, ont permis à l’ailier Yves Donguy d’inscrire le seul essai toulousain du match.
Ces victoires à portée de mains, échappées par un concours de circonstances, sont en général les plus dures à digérer. Et de cette campagne européenne, il restera surtout de la frustration. Frustration des trois petits points engrangés au terme d’une entame de match parfaite. Frustration de voir Fabien Pelous et son incomparable expérience coûter neuf points à son équipe par des fautes de junior. Triste épilogue pour un parcours jusqu’ici irréprochable.
Et inutile, dans ces conditions, de s’en prendre à l’arbitre, malgré sa bienveillance sur les longues phases au sol des Irlandais qu’il dirigeait, il est vrai, pour la troisième fois d’affilée.
"On ne lâchera pas le morceau"
"Dire que ce sera vite digéré serait faux, reconnaît le 3e ligne Yannick Nyanga, rapidement entré en jeu en raison de la blessure de Thierry Dusautoir. Mais il faut vite se ressaisir sur le Championnat." Place, désormais, au Top 14. Le Stade Toulousain, déjà qualifié pour les demi-finales depuis son succès (28-6) sur Montauban le week-end dernier, peut se préparer d’ores et déjà à affronter le Stade Français (3e) en demi-finales.
Et tenter d’effacer l’échec de l’an passé, lorsque Clermont mit fin prématurément, dès les demies, aux ambitions des Toulousains, après les finales perdues en 2003 face aux Parisiens et en 2006 face à Biarritz. "On rentre toujours sur le terrain pour essayer de gagner parce que cela donne le moral aux troupes et ça récompense le travail fourni tout au long de la saison, a rappelé le centre Yannick Jauzion, l’un des meilleurs Toulousains sur la pelouse du Millennium. Ceci dit, rien n’est perdu, on a encore la possibilité de ramener quelque chose. La saison n’est pas finie, et Dieu sait qu’elle est belle."
Il faudra tout de même remobiliser les troupes pour un déplacement à Brive dès vendredi qui ne sera pas une partie de plaisir, les Corréziens n’étant pas mathématiquement sauvés. Puis ce sera la réception de Perpignan, le 3 juin pour les retrouvailles avec le public stadiste, avant celles de Bourgoin et de Bayonne. On a la demi-finale en vue, on va se préparer par rapport à ça. On va dire à toutes les équipes qu’on sera prêt et qu’on ne lâchera pas le morceau", reprend Jauzion. Bien décidé à ne plus perdre de finale cette saison.
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