Entre l’amende ou le retrait de permis, les tagueurs ont choisi... ni l’un ni l’autre. Hier matin, à 11h30, au tribunal de grande instance de Bayonne, les deux militants basques Jean-Luc del Campo ("Zanul") et Aurore Martin ont fait savoir au représentant du procureur de la République qu’ils n’entendaient pas payer 600 euros d’amende ni être privés du permis de conduire pendant trois mois, après un flagrant délit de bombage sur un bâtiment public de Baigorri et un refus de se soumettre à un test ADN. Ce choix de peine leur avait été proposé par le procureur le 7 avril dernier, dans le cadre de la procédure de composition pénale qui avait suivi les faits.
Ce "plaider coupable à la française", mis en place en 1999, permet d’éviter un procès, au débat contradictoire mais où les peines peuvent être plus élevées.
Les deux membres des commissions de soutien des prisonniers basques ont donc choisi la voie du procès. Pour le refus du test ADN, ces sympathisants d’Askatasuna encourent jusqu’à 15000 euros d’amende et un an de prison. "Ce n’est pas très malin pour nous, car nous risquons plus gros" admet Jean-Luc del Campo. "Mais on ne peut pas accepter n’importe quoi. Nous trouvions cette négociation injuste et absurde. Quand je me suis fait attraper, j’avais la bonbonne de peinture dans les mains. Il n’y avait pas besoin de test ADN. C’est du fichage politique, et nous voulons dénoncer publiquement cette campagne d’intimidation et cet Etat de plus en plus policier" ajoute-t-il pour justifier cette décision commune.
Le contexte de leur arrestation, en novembre dernier, était tendu : ils rédigeaient un appel à la manifestation du 29 novembre contre l’isolement des prisonniers basques, peu après la tentative de suicide de Joan Bidart. Ce dernier faisait partie des 15 personnes interpellées par la police judiciaire hexagonale et le GIGN un mois plus tôt à Garazi, dans le cadre de l’affaire du bar Kalaka, créant de fortes tensions.
"Nous avons fait un bombage, nous ne sommes pas des criminels : on n’a pas à nous ficher pour 40 ans" a commenté Jean-Luc del Campo.
Askatasuna a fait part de son soutien et de son indignation contre "cette façon de multiplier les procédures contre les jeunes militants dans le but de mettre fin aux mobilisations en solidarité avec les prisonniers politiques basques".
La date du futur procès reste à déterminer.