La franchise sur les boîtes de médicaments soulève la grogne des associations de malades
·Cette mesure impopulaire pénalise surtout les malades de longue durée et les personnes âgées
La grogne des associations de patients monte, trois mois après l’application de la franchise sur les boîtes de médicaments. Samedi dernier, des rassemblements ont été organisés ici et là dans l’Hexagone. Cette mesure pénalise principalement les personnes les plus vulnérables, les malades chroniques.
Au comptoir des pharmacies, les clients se plaignent. Mais les plus lésés sont ceux qui ont des affections de longue durée (ALD). "La franchise sur les médicaments ne devrait pas toucher les ALD", s’exclame une pharmacienne de Bayonne. 0,50 euro par boîte de médicaments, c’est ce qu’elle demande aux clients depuis le 1er janvier 2008. Et les mutuelles ne le prennent pas en charge. Cette mesure créée par le gouvernement Fillon a également instauré une franchise de 2 euros pour les déplacements pour besoins de santé. "Les coûts en médicaments des personnes âgées montent vite. Et il faut ajouter à cela leurs déplacements pour des raisons médicales. Alors quand on a des petits revenusŠ"
Cette franchise ne peut pas dépasser 50 euros. Pierre, lui, les débourse dès le premier trimestre. Ce père de famille est atteint d’une maladie chronique. "En un mois, je dois m’approcher de la somme de 30 euros en franchise".
La pharmacienne bayonnaise ne croit pas en l’efficacité de cette mesure pour réduire le trou de la Sécurité Sociale, "le secteur du médicament n’a jamais été déficitaire". Toutefois, elle déplore le manque de concertation. Concertation entre les professionnels et le gouvernement, mais également entre pharmaciens. "On est prévenus quand la décision est prise".
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