Anna Thot n’en revient toujours pas. Son projet, déposé en janvier au Centre culturel Millenàris Park de Budapest a été retenu. Un projet faramineux, à la mesure de l’expérience acquise au Pays Basque pendant ces années d’exil. Un monde merveilleux , "Egy csodàlatos vilag" en hongrois, occupera 350m2 d’espace du 17 juillet au 9 septembre dans la vie de Budapest.
A peine le temps de dire "c’est ouf" qu’elle sera sur le départ pour la résidence de création qui débutera le 8 juin. Dès lors elle encadrera des étudiants de l’Ecole Supérieure de Design et des lycéens sollicités pour l’occasion, tout comme l’Ecole des Beaux Arts de Budapest qui participe au projet.
Interlocutrice privilégiée
Sa technique a sûrement été un plus pour le choix du projet. "La récupération a été le bingo. Une partie de l’expo est composée de la récupération industrielle. Pour les matériaux, le Millenàris Park fait un appel à la population : à partir du mois de juin, ils installent des containers pour les différents déchets que le public apportera" précise Anna.
Le représentant de ce grand centre ainsi que la directrice culturelle sont venus trois jours voir Anna, son projet et son pays de plus près. "Je les ai amenés aux grottes de Zugarramurdi, ils ont eu le même flash que moi il y a 20 ans. Les Hongrois ont envie depuis longtemps de faire un échange avec le Pays Basque, j'ai pris rendez-vous avec l’Institut culturel basque. Dans ce sens-là, je pourrais être l’interlocuteur entre mes deux pays de c¦urs" raconte Anna. C’est aussi pour cela qu’elle a "envie que sur mes affiches en Hongrie, il y ait une petite participation et la présence du Pays Basque".
Sur 350 m2, elle va créer une installation labyrinthe géante, construite avec cartons, flacons, papiers recouverts après avec des adhésifs que survoleront des mobiles de trois mètres de haut. Cette salle "sera un peu comme l’univers d’Alice aux pays des merveilles avec beaucoup de symboles".
En contraste de cet univers de plastique, "une musique de pure nature, des gouttes d’eau, des riresŠ Beaucoup de sentiments et d’émotions sautent au c¦ur des visiteurs".
La confiance accordée par les deux bienfaiteurs qui lui ont trouvé son atelier à Arcangues, l’Atabal et Maria Pia ont encouragé Anna et lui ont donné les moyens de voir les choses en grand, alors que "j’allais tout abandonner, j’avais aski’".
Depuis la réalisation d’un cétacé de 8 m pour les 100 ans de la digue de l’Artha de la baie de Saint-Jean-de-Luz, Anna n’a pas arrêté de rouler sa baleine à bosse, d’expositions collectives en ateliers, de Donosti à Urt, de Bera à Bordeaux. Une partie des bénéfices sera reversée à une ¦uvre caritative en Hongrie.
Contacts : Anna Thot 06 89 13 25 48 / pannikaorange.fr et le centre culturel hongrois www.millenaris.hu