Les maîtres anciens disaient qu’il n’y a pas de théâtre sans conflit. Alors les lycéens ont cherché un conflit assez fort pour avoir valeur d’archétype et c’est la Palestine qui s’est imposée.
Ils ont décidé de se rendre "en théâtre" dans ce chaos et choisi de donner la parole aux gens. L’histoire emmène comédiens et spectateurs dans une colonie de Cisjordanie pour entendre deux familles - que seul un mur sépare? - parler de choses de tous les jours.
L’une est très proche du monde occidental et l’autre beaucoup plus exotique. A moins que ce ne soit le contraire. A qui s’identifie-t-on davantage quand ces gens prennent la parole ?
Les questions s’invitent dans cette anecdote. Qui est le propriétaire de la terre, celui qui achète ou celui qui nomme ou aime, celui qui veut la transformer ou celui qui en porte la mémoire, dans les chants et les toponymes. Que valent les documents et actes de propriété pour ceux qui y ont planté leur tente ?
La Palestine est terre de symboles : la pierre, la clef, le cactus, les pigeons ou les colombes et les oliviers tous ont des échos différents et en fin de compte ne disent pas la même chose. Erez Israël et Falestina c’est la même terre mais pas la même signification. Ici aussi, beaucoup de mots changent de sens suivant celui qui les emploie : attentat, occupation, colonisation, démocratie, presse, propagande, expert, spécialisteŠ Cette pièce n’entend rien prouver mais donnera matière à penser les conflits autrement.
Ú Falestina.
Théâtre en euskara. Aujourd’hui et demain à 21h00, Salle Faustin Bentaberry à Ispoure.