Des parrains pour des arbres
·Jean et Benjamin Hicaubert, père et fils, ont décidé de faire revivre une terre perdue sur les hauteurs de Baigorri en y plantant un verger d’arbres fruitiers, Ahuntzaineko Sagardoia
C’est un petit paradis perdu dans un cirque de montagnes, avec de l’eau de source, des châtaigniers, des champignons, et une vieille ferme que l’on squatte avec la famille et les amis depuis bientôt quarante ans". Quand Jean Hicaubert décrit sa parcelle de 27 hectares, "au bout d’une piste d’un kilomètre et demi, que j’ai faite moi-même sinon il n’y avait que les chèvres qui pouvaient accéder", le sourire ne le quitte pas. Aujourd’hui, c’est son fils, "Benjamin, aussi écolo que moi" qui veut faire un verger "là-haut".
Ahuntzaineko Sagardoia, c’est le nom que le père et le fils ont choisi pour leur projet. Le verger de la chevrière. Après une rapide formation sur les arbres fruitiers et les vergers au Conservatoire végétal d’Aquitaine, Jean et Benjamin recrutent une petite équipe de copains pour nettoyer la parcelle et l’aménager de façon à pouvoir planter leurs arbres.
D’essences locales
Ce n’est pas simple, ronces et fougères avaient envahi le terrain. Un tractopelle est même nécessaire pour finir le travail. Un peu de terre et le fumier d’une bergerie voisine viennent faire le lit des futurs arbres. Le champ est clôturé contre "tous les pottok, chèvres et brebis qui hantent les lieux". Et voilà le grand jour. Benjamin et Jean plantent ce week-end. Quatre pommiers, trois poiriers, six cerisiers, deux abricotiers, trois pruniers, trois pêchers, deux pieds de vigne, deux figuiers, deux noyers, deux noisetiers.
C’est précis. Forcément, "parce que les arbres ont été achetés au Conservatoire végétal d’Aquitaine et qu’il s’agit d’essences locales qu’il faut préserver". Benjamin, 23 ans, étudiant en Master de géographie et aménagement spécialité environnement s’est fixé quatre objectifs avec ce verger. "D'abord évidemment, bénéficier d'une récolte de savoureux fruits gratuits et de qualité. Ensuite, ce projet permet la mise en valeur des terres d'Ahuntzain à long terme et donc d’entretenir ce merveilleux endroit pour les générations futures. Cela permet aussi de préserver des espèces locales d’arbres fruitiers puisqu’elles sont achetées au Conservatoire Végétal Régional.
Enfin, planter un arbre est un geste écologique puisqu'un arbre constitue un stock de carbone, en effet, pendant toute sa période de croissance il emmagasine plus de CO2 qu’il n’en rejette dans l’atmosphère, il participe donc indirectement à la réduction de l’effet de serre".
Désormais les apprentis fruticulteurs recherchent des parrains pour leurs arbres. A raison de 50 euros par arbre, le généreux parrain aura "son nom inscrit sur une plaque sur l’arbre" et, "si la récolte est bonne, un pot de confiture ou de compote de temps en temps!" Les arbres devraient commencer à fructifier au printemps prochain. Benjamin et Jean comptent bien récolter un "choix varié de tous les fruits pouvant pousser là : pommes, pêches, poires, abricots, vigne, noix, noisettes, kiwis et d’autres".
Ú Renseignements.
http://vergerdelachevriere.blogspot.com
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