Ouverture et liberté. Ces deux valeurs guident la démarche de l’équipe "Bayonne par c¦ur" selon Yves Ugalde qui brigue la mairie de Bayonne et confirme que "nous allons au bout de la démarche" [lire aussi jpb d’hier]. Et comme gage de cette "ouverture à tous", "hors des cuisines politiques", autour d’un projet pour la ville, Yves Ugalde a annoncé qu’il avait rendu sa carte UMP voilà huit jours.
Bayonne par c¦ur qui compte 405 adhérents, "plus que n’importe quel parti politique sur la ville", lance un appel "à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’opposition gauche/droite qui sur le plan local ne se justifie plus". Un appel au rassemblement qui va donc des centristes du MoDem, de personnes de centre gauche "gênées par un PS emmanuelliste" et aux "grenettistes pur jus" qui sentent que "le système depuis 1959, père et fils, donne des signes de fatigue". Pour preuve de "l’effritement de la statue du commandeur", il avance des résultats législatifs où Jean Grenet a été mieux élu à Anglet qu’à Bayonne. "Ce sont les prémisses d’un mouvement que nous allons capter." Car l’équipe, dont la liste des 42 noms sera dévoilée le mois prochain, se lance "pour gagner".
Quelle que soit l’issue du premier tour ils ne se rangeront derrière quiconque. En outre, Bayonne à c¦ur présentera des candidats dans les trois cantons bayonnais renouvelables dans trois ans. "On ne pourra pas me faire le procès de faire passer la gauche...". Elle les détient.
Si des hommes de sensibilité de gauche participent à l’équipe, comme l’ancien pilotari Jean-François Duprat, Bayonne par c¦ur se range plutôt à droite. Que l’on songe à l’ancien conseiller général de Bayonne-Ouest et dissident de droite Jean-Louis Domergue, à l’ancien conseiller municipal de la majorité Pierre Péan, ou à l’ex-président du Medef Pays Basque Serge Arcouet. On y trouve aussi des abertzale du PNB, pas vraiment à gauche, comme Jean-Claude Larronde qui est aussi dans une démarche de liberté puisque son parti veut/va se ranger avec Jean Grenet.
Projet au Petit-Bayonne
Âgé de 46 ans, l’ancien journaliste et artiste, gérant d’une société de communication et d’une agence de tourisme, s’agace qu’on le présente comme l’ancien directeur de cabinet de Jean Grenet. Il l’a été quatre ans. Rappelant qu’il a démissionné, et "payé au prix fort sa liberté", il souligne qu’il a "eu une vie avant, et après". Dans les principes retenus par une charte interne, il y a une parité qui sera étendue aux adjoints, ou le non-cumul des mandats "si je suis élu maire je ne serai pas président de la Communauté d’agglomération, mais un adjoint" annonce Y.Ugalde qui cite volontiers le dernier livre de Jean-Louis Borloo qui écrit que être maire d’une ville importante et parlementaire est impossible.
Ne voulant pas que le piège d’une campagne éclair se referme sur elle, l’équipe a décidé de commencer à dévoiler les projets qu’elle entend proposer aux Bayonnais. Hier celui de l’installation d’un grand fronton de rebot sur l’ancien couvent des Cordeliers au Petit-Bayonne, élaboré avec des architectes, a été présenté. Un projet "emblématique de ce que nous voulons". "Un recentrage de l’élément pelote", "un vrai village basque", avec une ouverture vers le Petit-Bayonne, et des gradins à droite surmontant une salle de concert, de moyens congrès, l’office du tourisme, une maison du chocolat et une maison du jambon. Avec le principal fronton qui aura l’avantage de cacher le bloc de béton universitaire. Et en réponse à "la tribune tremblante de Jean Dauger" qui a mis à mort "un élément constitutif de la légende de la pelote en France". Et de rappeler que ce ne sont pas moins de deux équipements sportifs que la ville est en train de perdre: à Lauga (pour un parking) et à Paul-Bert (pour le restaurant universitaire).
Parmi les autres griefs adressés à la municipalité sortante, ceux d’une dette "qui a augmenté de 48% en quatre ans", d’une taxe d’habitation "qui nous met presque sur le podium de tête en Aquitaine avec Caudéran", ou encore "la folie immobilière de la périphérie de la ville", dont le projet tout près des arènes aux dépens d’une villa Art-Déco.
Bref, "la ville va mal" et Bayonne par c¦ur se propose de porter "une ambition", notamment en matière touristique et surtout, pour assumer la position de "capitale du Pays Basque de France".