150 juristes pour le rapprochement
·Des juges et des avocats réunis à Barcelone réclament un geste de l’exécutif espagnol
Un groupe de 150 juristes, avocats et juges, a présenté hier à Barcelone le manifeste "Initiative juridique pour la défense d’un processus de paix". Sous l’impulsion de l’Association catalane pour la Défense des droits de l’Homme (ACDDH) et de l’Association catalane de Juristes Démocrates (ACJD), le document demande au gouvernement socialiste dirigé par José Luis Rodríguez Zapatero de faire des gestes pour que le processus ouvert en mars par le cessez-le-feu permanent de l’ETA n’échoue pas. Les signataires demandent entre autres mesures le rapprochement des prisonniers politiques basques ou la dérogation de la loi sur les partis politiques ayant servi à interdire Batasuna.Carlos Jiménez Villarejo, ancien procureur anti-corruption, a défendu la "récupération de la législation pénale et administrative ordinaire" car "on ne peut pas appliquer la loi sur les partis politiques dans un contexte radicalement différent de celui de 2002". Selon Me Jiménez, le document demande à tous les juges de se tenir "à la jurisprudence consolidée et au bon sens" et à ne pas "rentrer dans des interprétations destinées à mettre des obstacles au processus de paix en général et à la réinsertion [des détenus basques] en particulier". S’adressant à l’exécutif de Madrid, Carlos Jiménez Villarejo s’est demandé "comment peut-on expliquer que, après trois ans sans assassinat de la part de l’ETA, il n’y ait pas eu de geste du gouvernement concernant le rapprochement des prisonniers vers le Pays Basque". Cette mesure "n’est pas une concession", a poursuivi l’ex-procureur, "mais l’application de la loi". Selon Carlos Jiménez Villarejo, "le processus traverse un moment délicat. Les choses ont peu bougé, si ce n’est pour reculer dans les négociations", a-t-il constaté. Merche García, professeur de Droit Pénal à l’Université Autonome de Barcelone (UAB), a pour sa part estimé que "c’est le moment de repenser le Droit pénal qui doit redevenir normal", car lors de certains jugements comme celui prononcé contre Iñaki de Juana Chaos "on punit par rapport à la personne et non pas en raison des faits".
Deux prisonniers en grève
Par ailleurs, concernant le prisonnier politique donostiar condamné à treize ans de prison pour deux tribunes libres, il a repris sa grève de la faim depuis le 7 novembre dernier. Son "état général de santé est délicat", selon les médecins qui le traitent. Alimenté de force depuis la semaine dernière, il reste attaché à son lit. Deux avocats ont tenté de lui rendre visite samedi, mais l’entrée dans l’Hôpital Doce de Octubre de Madrid leur a été interdite malgré la présentation d’autorisations et des démarches qui ont duré près de trois heures. Le prisonnier aurait perdu beaucoup de poids et ne pèserait plus que 57 kilos.C’est pour dénoncer sa situation que deux autres prisonniers, Sebas Lasa et Gorka Martinez, incarcérés à Puerto II, au sud de la péninsule ibérique, ont décidé d’entamer une grève de la faim. Le Mouvement pro-Amnistie a appelé à une journée de mobilisation demain pour réclamer la mise en liberté d’Iñaki de Juana Chaos ainsi que des prisonniers politiques basques atteints de maladies graves et de ceux qui ont déjà accompli leurs peines. Un rassemblement a été organisé samedi à Hendaye, au rond-point du Casino, pour réclamer la libération du détenu donostiar.
La mise en liberté de Filipe Bidart réexaminée jeudi
La mise en liberté du prisonnier baigorriar sera réexaminée par la Cour d’application des peines de Paris ce jeudi 21 décembre et non pas mercredi comme publié par erreur dans ces pages. La manifestation organisée par le Comité Filipe Aska devant le domicile du ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie à Ciboure aura lieu demain mercredi à 19h.
|