Plusieurs dizaines d’enseignants de second degré du Pays Basque se sont mobilisés hier à l’appel de tous les syndicats représentés dans les collèges et les lycées, les 15 organisations qui ont lancé l’appel à Paris, auxquelles il faut ajouter d’autres plus locales telles que LAB. À noter que l’unité syndicale dans l’éducation n’avait pas été vue depuis la fronde contre Claude Allègre en 1998. Par le biais de cette journée de grève, ils ont exigé le retrait du projet de décret modifiant leur temps de service et permettant à un professeur d’être affecté sur plusieurs établissements ou plusieurs matières différentes sous certaines conditions.À Bayonne, quelque 80 enseignants ont pris part à un rassemblement, un chiffre discret si on le compare au taux de participation dans la grève qui a été lui de 50-60% en moyenne, selon la représentante du syndicat FSU Isabelle Soulé.
Concernant le suivi hexagonal de la grève, 53% des enseignants des lycées et 55% des enseignants des collèges y ont participé selon le Syndicat national des enseignements du second degré (SNES).
Le ministère de l’Education Nationale faisait quant à lui état de 35,73% de grévistes chez les enseignants en collèges, de 38,94% de grévistes dans les lycées d’enseignement général et technologique et de 23,62% de grévistes dans les lycées d’enseignement professionnel.
Dégradation des enseignements
Rappelant que les enseignants s’opposent au projet de décret sur les obligations de service des enseignants de second degré, Isabelle Soulé a critiqué que l’objectif premier de ce texte est de supprimer des postes dans le cadre d’une logique budgétaire qui a déjà conduit à "une dégradation sans précédent des enseignements du second degré". Une dégradation qui se traduit logiquement par une moindre qualité de l’enseignement.Présenté en octobre dernier, le projet de décret prévoit entre autres mesures la "bivalence" des enseignants, c’est-à-dire de "dispenser un enseignement dans une autre discipline dans son établissement d’affectation". Et cela sans qu’un plan de formation des professeurs soit prévu par le ministère de l’Education.
Une autre mesure du projet de décret prévoit par ailleurs la mobilité des enseignants, lesquels pourront exercer dans "un ou deux autres établissements publics de la même commune ou d’une autre commune". Et cela "sans aucune limite de distance", précise la représentante de la FSU. Les enseignants protestent également contre une "remise en cause des décharges horaires", qui permettent à certains enseignants de donner deux à trois heures de cours en moins chaque semaine pour s’occuper d’autres tâches liées à leur matière, par exemple, gestion et préparation de cours en laboratoire pour les enseignants en Sciences de la Vie.
Après la mobilisation d’hier, les syndicats vont miser sur Paris avec une manifestation qu’ils espèrent massive le 20 janvier. "Nous commençons à travailler dès maintenant pour cette mobilisation", a affirmé Isabelle Soulé. "Il n’y aura pas de déclinaison locale. Nous voulons concentrer nos efforts à Paris. Pour cela des trains seront organisés".