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Le JPB > Sujet à la une 2006-01-31
Eurocité basque, une citoyenneté en construction
·Le projet de la métropole allant de Bayonne à Saint-Sébastien est plébiscité de part et d’autre de la Bidassoa, selon une étude réalisée par la Diputacion de Gipuzkoa et la faculté des sciences humaines de l’Université de Deusto

L’Eurocité basque, de Bayonne à Saint-Sébastien est "une réalité latente" selon une étude réalisée par la Diputacion de Gipuzkoa et l’Université de Deusto, rendue publique mercredi dernier dans la capitale gipuzkoar. L’enquête réalisée par la faculté des sciences humaines de l’Université de Deusto sur les loisirs et les activités économiques des habitants de l’Eurocité révèle que la population se déplace au sein de l’Eurocité "de manière naturelle, et pas comme un fait exceptionnel". Les raisons de ces déplacements ont trait aux besoins de la vie quotidienne, comme faire des achats ou se détendre et s’évader. Selon l’étude, les déplacements réalisés pour les loisirs sont à l’origine d’une organisation socio-territoriale en construction.

"La population semble décidée à dépasser la frontière administrative qui perdure encore dans la Bidassoa, sans considérer cette frontière comme un facteur limitant l’organisation socio-territoriale de l’Eurocité. Nous misons sur des initiatives qui dépassent la frontière, et qui considèrent le territoire comme un environnement territorial proche" souligne le rapport dans ses conclusions.

D’après l’étude, l’Eurocité est un espace que les citoyens ont commencé à composer, avec leurs habitudes de loisirs et leurs pratiques culturelles auxquelles on attribue un contenu symbolique. Pour les enquêteurs, cette réalité peut être le prélude de la formation euro-citoyenne de cette région métropolitaine.

Surtout que les citoyens de l’Eurocité plébiscitent cette future organisation territoriale. 53 % des citoyens ont une appréciation positive sur l’idée de formation d’une métropole transfrontalière. Cette attitude est plus remarquée côté nord de la Bidassoa, où 58,9% sont favorables au projet, contre 52 % côté Gipuzkoa.

En revanche, ceux qui voient le projet d’un mauvais ¦il sont quasiment inexistants : 5,4% côté Gipuzkoa et 3,4 % de ce côté-ci. 27% n’ont pas d’avis sur le sujet de part et d’autre, et 15 % n’ont pas de réponse.

Néanmoins, l’étude révèle qu’il n’y a pas d’élément qui assure des symboles communs, même si les principaux facteurs culturels partagés sont la langue basque et la culture.

D’après la directrice des projets et actions européennes de l’Université de Deusto, Aurkene Alzua, les habitants de l’Eurocité basque ont un niveau de formation élevé, puisque plus des deux tiers de la population ont un niveau d’étude moyen ou ont fait des études supérieures.

Il s’agit d’une population tournée vers l’action, composée d’individus qui souhaitent une activité sociale, de la variété, et qui aiment courir des risques. Des gens qui aiment l’expérience et la création, ouverts aux innovations.

Les activités préférées pendant le temps libre sont les suivantes : celles en rapport avec les services personnels et les achats. À souligner également celles qui recherchent le loisir et la détente, avec une préférence pour les activités en rapport avec l’environnement et le sport.

Des facteurs limitants

Les facteurs qui limitent les échanges trans-Bidassoa sont d’ordre personnel, et ne sont pas liés à un éventuel obstacle de différence culturelle.

Les raisons invoquées pour ne pas franchir le pont Saint-Jacques sont le manque de temps, les obligations familiales ou les raisons financières.

Uniquement 4,4 % utilisent des transports en commun. 33,7% s’y déplacent avec leur conjoint, 29,7%avec leur famille, 22 % avec des amis, pour y rester une demi-journée (35,9%) ou un jour (44,7 %).

Du côté Labourd, c’est la ville d’Hendaye qui est la plus visitée par les voisins (28,2 %), suivie de Saint-Jean-de-Luz (8,1 %), Biarritz (6,6 %) et Bayonne (4,8%). Côté Gipuzkoa, l’attraction se concentre sur deux villes, Saint-Sébastien (16,5 %) et Irun (12,8%).

Pratiquement la totalité de la population (94 %) s’est rendue au moins une fois dans sa vie de l’autre côté de l’Eurocité. Deux tiers (68,2 %) ont réalisé cette visite au cours de la dernière année. La majorité s’y rend une fois par semaine (24,2%) ou une fois par mois (22 %). Un cinquième des personnes interrogées affirme y avoir été une fois dans l’année (18,3%).

Ceux qui vont de "l’autre côté" tous les jours sont près de 8%, et ce pour des raisons professionnelles ou d’études.

Le territoire de l’Eurocité basque dispose de nouvelles opportunités de croissance et d’expansion transfrontalières qui peuvent transformer cette enclave en un foyer central de développement économique régional. Nous présumons que cette intégration économique s’accompagnerait d’une meilleure cohésion sociale.



Méconnaissance économique
Les études réalisées révèlent une forte méconnaissance des acteurs écomiques du tissu d’entreprises, "malgré des racines culturelles communes et une longue trajectoire historique partagée par les villes situées dans les deux pôles de l’Eurocité basque, et malgré les efforts faits par les institutions publiques des deux côtés" de la frontière pour promouvoir l’intégration économique de la région.

Selon l’exploitation des chiffres récoltés par l’enquête, les entreprises du Gipuzkoa qui décident d’investir en Labourd sont surtout des usines industrielles (60 % des cas) ou des établissements en rapport avec le commerce, l’hôtellerie et le transport (20% des cas). Ce sont les entreprises moyennes et grandes qui sont les plus enclines à passer des accords outre-Bidassoa. En outre les entreprises acheteuses de part et d’autre sont en général des sociétés avec une remarquable expérience, puisque leur ancienneté moyenne est d’environ 24,5 ans.

L’étude économique se centre surtout sur les entreprises du Gipuzkoa, en attendant un deuxième volet de l’enquête qui devrait faire ressortir les types d’entreprises du Pays Basque nord qui travaillent avec les sociétés du Gipuzkoa.


 
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