Marie-Michèle Aphing-Kouassi, nièce et fille adoptive du ministre ivoirien de la Défense René Aphing-Kouassi, arrêtée par la Police de l’Air et des Frontières mercredi en situation irrégulière, sera présentée ce matin devant le tribunal administratif de Pau.
"Elle a été arrêtée mercredi et a déclaré être parente du ministre ivoirien", a expliqué Nicolas Honoré, directeur de cabinet du préfet des Pyrénées-Atlantiques, confirmant l’information révélée par le JPB de samedi. "Nous avons vérifié et il s'avère que c'est vrai mais cela ne change rien à la procédure", a-t-il ajouté. M. Honoré a confirmé que la jeune femme âgée de 37 ans était en situation irrégulière et que le préfet des Pyrénées-Atlantiques Marc Cabane avait pris à son encontre un arrêté de reconduite à la frontière.
Depuis, elle est détenue au centre de rétention d'Hendaye, détention prolongée de 15 jours par une juge des libertés du tribunal de grande instance de Bayonne, en attendant son expulsion.
Marie-Michèle Aphing Kouassi, sera donc présentée ce matin à partir de 9h30 au tribunal administratif de Pau où le tribunal devra examiner la requête en annulation introduite par son avocat Maître Alain Larrea. Contacté par le JPB, Me Larrea estime qu’il y a des éléments de poids dans le dossier qui pourraient permettre l’annulation de l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Il rappelle entre autres, que sa cliente vit en France depuis près de 15 ans, dans une situation qui ouvrirait des droits à un titre de séjour. L’avocat bayonnais ne sous-estime pas pour autant la situation politique particulière entre la France et la Côte d’Ivoire.
En plus d'être la nièce de René Aphing Kouassi, Marie-Michèle est aussi sa fille adoptive puisqu'il l'a élevée depuis son plus jeune âge, après la mort de son frère, le père de la jeune femme. Née le 2 mars 1968 à Bouaké (Côte d'Ivoire), elle résidait à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) depuis 1991 mais ne bénéficie plus à ce jour de titre de séjour régulier.
Les relations entre la Côte d’Ivoire, et la France sont au plus mal ces derniers jours, avec un début d’évacuation du personnel de l’ONU.
Hier encore, la France s’est dite "préoccupée par l'annonce faite à Abidjan de la prolongation du mandat des députés ivoiriens". "La France partage les interrogations du secrétaire général des Nations unies quant à la conformité de cette annonce avec les décisions de l'Union africaine et la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies", a déclaré hier le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattei.