Kadira / Compagnie Elirale.Pantxika Telleria
De la féerie d’une simple chaise
Forcément, d’habitude, on s’assoit dessus.Là, elle devient objet central.La bien nommée Kadira, dernière création de Pantxika Telleria, décline l’objet de nos paresses en aimant qui guide et oriente un couple qui ne l’est pas moins.Souplesse des corps qui se lovent sur, sous, contre cette chaise aimante, les accompagne dans un jeu de séduction et de tendresse jusqu’à l’enfantement d’une petite Kadira.La chaise devient un enjeu plus qu’un jeu, une boussole qui déboussole lorsqu’elle disparaît, et promet la rupture.Dans la tradition des films muets, le piano se fait mélancolique.La danseuse enjouée se voile.Le danseur tout en délié se crispe. Jusqu’à ce que ce piano de Chaplin ne redevienne allègre.Rayon de soleil sur cette danseuse, Aurélie Genoud, jeune femme-enfant idéale qui évolue dans les règles de l’art du muet, surjoue ces scènes comme on mime, gonflant ses yeux ronds de malice pour oser l’expression, impudique dans sa robe barboteuse comme les petites filles qui jouent. Une ¦uvre réjouissante que les plus de 3 ans ont suivie sans broncher, à mi-chemin entre le rêve d’un premier cinéma et la féerie d’une simple chaise.
Rémi RIVIÈRE
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