14 septembre 1892 il y a 113 ans :
École de Ciboure: Une récente circulaire du ministre de l’instruction publique, enjoint aux administrations préfectorales l’obligation de soumettre désormais à l’avis du Conseil d’hygiène les plans et choix de l’emplacement des nouvelles constructions scolaires. Nous approuvons hautement cette sage mesure d’un ministre soucieux de la santé des populations scolaires; mais nous aurions voulu aussi que cette circulaire s’occupât des locaux défectueux existants et qu’elle obligeât les communes à faire de nouvelles écoles conformes en tout point aux exigences de l’hygiène.
Je cite comme exemple l’école publique des garçons de Ciboure qui réunit plus de cent élèves dans un local des plus exigus, humide, malsain, dépourvu d’air et de lumière en quantité suffisante. Les enfants s’y entassent comme des harengs dans un baril. Il est bien entendu que l’école n’a ni préau couvert, ni cour de récréation, de sorte que ces pauvres petits êtres sont exposés à toutes les intempéries dans les intervalles des classes et trop souvent réduits à conserver leurs vêtements mouillés pendant de longues heures tout en respirant une atmosphère corrompue. Vu cet état de choses, comment nos enfants peuvent-ils résister aux dangers de la contagion en temps d’épidémie ?
Nous sommes surpris, nous pères de familles de Ciboure, que les inspecteurs primaires ne se soient point émus de cette situation déplorable. Ils objecteront peut-être qu’ils se sont heurtés jusqu’à ce jour contre l’incurie d’une municipalité se retranchant derrière des difficultés budgétaires. Des balivernes que tout cela ! Je suis d’avis qu’avec de la bonne volonté, une administration sage et éclairée peut toujours trouver des ressources pour assurer aux enfants de ses administrés les avantages de l’instruction donnée dans les meilleures conditions hygiéniques.
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