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Le JPB > Sujet à la une 2005-07-19
Le nouveau Préfet « ouvert au dialogue »
·Marc Cabane se dit prêt à discuter de tous les sujets et disposé à rencontrer les responsables de Laborantxa Ganbara

Marc Cabane, est entré en fonctions hier à la Préfecture de Pau. Nommé nouveau Préfet des Pyrénées-Atlantiques, il remplace Philippe Grégoire dont la courte présence dans le département ne sera pas passée inaperçue.

M. Cabane a initié son mandat en déposant une gerbe au monument aux morts de la ville de Pau, puis s’est longuement entretenu avec la presse du Béarn et du Pays Basque. Avec l’avantage d’être natif de Jurançon, il a estimé que la période d’adaptation, nécessaire aux représentants de l’Etat à chaque changement, serait plus brève dans son cas, et a avancé qu’il serait "plus rapidement sur les dossiers".

Reconnaissant la "dualité" du département, il a évoqué "les différences culturelles et les similitudes pyrénéennes" entre Béarn et Pays Basque. Même s’il ne parle pas l’occitan, qui dans sa famille a été parlé jusqu’à ses grands parents, il a souhaité que les occitanophones se ressaisissent et fassent revivre leur langue, en assurant que l’Etat sera là pour accompagner leurs efforts.

Pour Marc Cabane, la figure du Préfet doit être "une référence démocratique pour le citoyen". C’est ainsi qu’il s’est présenté comme un homme ouvert au dialogue. Il a rendu compte d’une expérience menée en Eure-et-Loir qu’il vient de quitter, où la Préfecture a été à l’initiative de débats contradictoires avec la presse locale comme témoin, sur des sujets locaux qui divisaient la population. En l’occurrence, il s’agissait de l’opportunité ou pas d’ouvrir une nouvelle carrière. Le Préfet s’est dit favorable "au débat citoyen" et n’a pas exclu de retenter l’expérience en Pyrénées-Atlantiques, estimant que dans ce département des sujets de débats ne manqueront pas.

Rencontres

Dans les prochains jours, il rencontrera les différents responsables politiques et économiques du département, dont les députés basques Jean Grenet et Daniel Poulou, ainsi que les responsables de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne.

Pour Marc Cabane, discuter et rencontrer les citoyens est "un devoir" du Préfet, et il s’est dit prêt à rencontrer tous les acteurs locaux qui souhaitent le voir.

Concernant le Pays Basque, il a rappelé à plusieurs reprises que le problème du logement reste l’une des priorités centrales de l’Etat, remarquant l’incidence de l’habitation dans la vie de tous les jours, mais également dans l’économie et le développement durable.

Il a dit ne pas avoir été "briefé" sur la situation en Pays Basque, même s’il a pu échanger quelques coups de fil avec Philippe Grégoire "mais sans pouvoir mettre toutes les choses à plat comme je l’aurais souhaité". Il a donc assuré qu’il arrivait avec "un esprit neuf, mais pas innocent" a-t-il précisé.

En ce qui concerne Laborantxa Ganbara, mise en place à Ainhice Mongelos (voir par ailleurs), il a dit ne pas connaître le dossier très précisément mais ne voit aucun inconvénient à rencontrer les responsables afin de discuter sur cette question. Interrogé par le JPB sur son intention de poursuivre la politique de l’ancien Préfet qui n’avait pas hésité à assigner des maires du Pays Basque pour des subventions à Laborantxa Ganbara ou l’association pour le département Pays Basque, le Préfet n’a pas dévoilé quelle serait sa politique, rappelant tout de même que le Préfet avait une fonction de contrôle de légalité. Il a quand même remarqué que les symboles ont un poids très important dans une société.



Une attitude d’écoute attendue
Le nouveau Préfet est très attendu en Pays Basque nord, sur les différents sujets qui font l’actualité.

Michel Berhocoirigoin président de Laborantxa Ganbara, souhaite que le Préfet rencontre les responsables de Laborantxa Ganbara et prête une oreille attentive au message de l’association. "Nous voulons tout simplement renouer des relations normales avec l’administration, et que celle-ci cesse son attitude répressive" a-t-il souligné, sous-entendant la décision de l’ancien Préfet d’assigner devant les tribunaux les maires solidaires de l’association. "Nous avons des projets qui ne peuvent qu’être bénéfiques aux agriculteurs du Pays Basque et nous espérons que l’administration nous aidera dans ces projets qui ont pour objectif une agriculture paysanne et durable".

Mixel Etxeberri, président d’Euskal Konfederazioa (fédérant les associations ¦uvrant pour la langue basque) souhaite que le Préfet "joue son rôle d’intermédiaire entre la société civile et l’Etat, sans être un censeur ni tenir le rôle de filtre". Par ailleurs, il a souhaité une attitude positive par rapport à la langue basque, espérant qu’il aidera à la reconnaissance des droits des bascophones.

Enfin, Christophe Piedra de la CIMADE, espère un changement d’attitude de l’Etat par rapport aux immigrés. "Il y a actuellement une course au chiffre qui est très inquiétante. Les préfets sont considérés par le gouvernement comme des gestionnaires de stock, et reçoivent des ordres de production comme s’il s’agissait d’une usine". M. Piedra souhaite que le Préfet dévoile quels sont "ses objectifs rentabilité en termes de renvois" rappelant que son prédécesseur "avait fait tout et n’importe quoi en la matière". Christophe Piedra rappelle volontiers que la décision de Philippe Grégoire fut condamnée pour traitement inhumain et dégradant envers un enfant séparé de sa mère.

Néanmoins, le directeur de la CIMADE n’est pas très optimiste sur un changement d’attitude de l’Etat. "La machine s’emballe sans voir toute la casse humaine qu’elle laisse derrière elle" dit-il.

Le cas d’un Brésilien venu en vacances et actuellement retenu au centre d’Hendaye, est là pour démontrer, selon Piedra, " la course au chiffre, facile et absurde". Alors qu’il a un billet de retour au Brésil, la France l’arrête et le renvoie au Brésil après l’avoir gardé en rétention et en payant un nouveau billet alors qu’il en a un" a-t-il expliqué..


 
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