Iraty ne pâtit pas de la mauvaise météo, mais pense à l´avenir
·Le responsable des chalets d’Iraty, David Tourreuil, mise sur la diversification de l’offre
A basse altitude, le constat s’avère bien différent. Sans faire de jeu de mots, en termes d’enneigement les stations pyrénéennes ont connu une année noire. A Iraty, située à 1237 mètres, il a fallu attendre ce week-end pour voir la neige véritablement recouvrir la forêt. Et pour le coup, elle est tombée drue. "Ce n’est pas normal. Nous en avions très peu, et puis en deux jours, 50 cm de neige sont tombés d’un coup" confirme David Tourreuil, responsable des chalets d’Iraty. "Sur certaines zones, on pouvait trouver des accumulations d’un mètre".Conséquences du réchauffement thermique ou phénomène ponctuel ? "Je ne suis pas scientifique. En tout cas, c’est la deuxième mauvaise saison que nous connaissons en cinq ans. Les trois dernières étaient bonnes".
"Saison stable"
La santé de la station d’Iraty ne dépend pas exclusivement du taux d’enneigement. A basse altitude, les vacanciers sont prêts à troquer leurs après-ski contre des chaussures de randonnée. "Les réservations n’ont pas vraiment pâti de la météo. Par rapport à l’année dernière la fréquentation est plutôt stable, autour des 58000 nuitées en 350 lits". David Tourreuil rappelle néanmoins que "c’est souvent dans l’année n+1 que l’on constate les dégâts, parce que les gens réservent pour l’année suivante en pensant à la météo de la saison qui vient de s’écouler". Et une chose est claire dans l’esprit du gérant : impossible de faire comme si de rien n’était. "La neige n’est pas un produit sûr" constate-t-il. Iraty n’a pas attendu les avertissements scientifiques sur le réchauffement climatique pour proposer d’autres atouts, notamment sa forêt de feuillus. Pour l’équipe dirigeante, l’heure est néanmoins à la réflexion. "Nous devons absolument diversifier notre offre.Nous avons plusieurs idées, comme la création d’un espace séminaire, davantage mettre l’accent sur la forêt, l’eau, le pastoralisme, la découverte du site de manière plus scientifique... Nous sommes obligés d’y penser. Quand il y a de la neige, les gens s’occupent très naturellement. Mais s’il n’y en a pas en janvier et février, comme cette année, il faut pouvoir leur donner envie de venir avec autre chose". Et si la neige tombe plus tard, cela ne veut pas forcément dire que la saison de ski se décalera jusqu’aux vacances de Pâques. "Il faudrait déjà que les gens changent leurs habitudes. Ils n’ont pas forcément envie de ressortir la doudoune au moins d’avril" estime David Tourreuil. D’autant que la neige qui tombe maintenant est "de moins bonne qualité" : plus lourde, elle fond plus facilement aux premiers coups de chaud.
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