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L’optimodalité au coeur de l’Atlantic Logistic Forum
·Le forum du transport et de la logistique se tiendra jeudi et vendredi prochains à Biarritz
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Un mois après l’annonce par Bruxelles d’un vaste plan d’action pour moderniser le transport international de marchandises dans l’UE, en créant des corridors prioritaires dans le ferroviaire et en éliminant les multiples contrôles imposés aux cargos cheminant entre deux ports européens, la Plate-forme Logistique Aquitaine Euskadi (PLAE) organisera jeudi et vendredi prochains à Biarritz la 4e édition de l’Atlantic Logistic Forum (ALF). Ce lieu de rencontre des professionnels du Transport et de la Logistique aura cette année trois points forts: un regard sur le Brésil pays invité pour cette édition, une approche sur le fonctionnement des ports du Maghreb, et un approfondissement du concept d’optimodalité. Intermodalité, comodalité et maintenant optimodalité. "Les nuances font la différence", a expliqué hier lors d’une conférence de presse Virginia Gil, présidente de la PLAE. "L’optimodalité est un nouveau concept créé cette année par divers opérateurs du transport terrestre, ferroviaire, maritime et fluvial, de l’intermodalité et des experts du monde de la logistique pour développer des projets qui optimisent les performances techniques, économiques et environnementales des chaînes de transport de marchandises, c’est-à-dire qui favorisent en définitive le développement durable du transport". L’optimodalité sera doublement présente dans cette 4e édition de l’ALF, car le Cercle pour l’optimodalité en Europe (COE) compte y célébrer son assemblée générale. Le COE est un lobby fondé entre autres par les groupes Modalohr, GEODIS et MORY GROUP, les armateurs CMA CGM et Louis-Dreyfus Lines, une société d’autoroutes et un établissement bancaire.
La mondialisation
Pour Daniel Province, directeur des Infrastructures et Transports du Conseil régional d’Aquitaine, cette édition de l’ALF tentera de répondre aux enjeux de la mondialisation "un phénomène auquel on ne peut pas échapper". C’est dans cette logique que le PLAE s’inscrit dans les démarches d’optimodalité ou qu’elle invite le Brésil au forum qui se tiendra à Biarritz. Car le but est d’offrir de nouvelles perspectives de marchés aux sociétés d’Aquitaine et d’Euskadi. "Le Brésil est le plus grand pays d’Amérique du Sud, et l’un des plus peuplés de la planète. Nous souhaitons approcher la réalité de cet immense pays, un pays très lointain, mais qui peut être aussi très proche de nous" a rajouté Virginia Gil. En plus du marché sud-américain, et en réponse au même besoin d’internationalisation, la PLAE a souhaité approcher une autre réalité bien distincte, mais qui présente "un intérêt incontestable pour nos entreprises et infrastructures" : le fonctionnement. "Le Maghreb représente une ouverture très importante pour nous, d’autant plus qu’à Bayonne il y a des trafics avec cette destination", a souligné Daniel Province. L’enjeu serait de faire en sorte que "ces trafics sporadiques deviennent des lignes régulières entre Bayonne et ces ports du Maghreb", porte d’entrée et de sortie pour le continent africain.
Ligne Bayonne-Paris
Daniel Province a par ailleurs annoncé que dans le cadre de l’ALF, Jean-Louis Carrère responsable aquitain aux Transports et Philippe Mangeard, président du groupe alsacien Modalohr, signeront une déclaration commune sur la nécessité de développer une ligne fret dans l’axe Atlantique. Modalhor pourrait se proposer pour l’exploitation de cette ligne en association avec d’autres firmes. Déjà en mars dernier, Philippe Mangeard déclarait dans la presse que "les prochaines autoroutes ferroviaires devraient donner lieu à la création de nouvelles sociétés. Chaque nouvelle ligne peut attirer de nouveaux investisseurs. Un axe atlantique pourrait intéresser Vinci, mais aussi les autoroutes Sanef".Le but est de créer, dès 2008, une ligne de transport de marchandises reliant la région parisienne à Bayonne, concrètement au centre de fret de Mouguerre, "en attendant que la ligne à grande vitesse basque [le Y basque, ndr] soit mise en service", a expliqué Daniel Province. Le dossier est en train d’être étudié avec la participation entre autres de la société Novatrans, a-t-il ajouté. Hier, Réseau ferré de France (RFF) a annoncé avoir sélectionné les entreprises Bouygues, Eiffage et Vinci pour réaliser la nouvelle ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. RFF avait publié, en mars, l’appel public à candidatures pour la réalisation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA), de Tours à Bordeaux, sous la forme d’une concession. C’est la première fois qu’un partenariat public-privé est mis en place pour la construction d’une LGV. L’opération est évaluée à 7,2 milliards d’euros d’ici 2015, précise RFF. Cette décision a été annoncée à l’issue d’une réunion du comité technique à Bordeaux. Le contrat avec le futur concessionnaire devrait être signé après la déclaration d’utilité publique du tronçon Tours-Angoulême, dont l’enquête publique est en cours. Soit début 2009, pour une mise en service à la fin de 2015.
"L’optimodalité cherche à optimiser chaque mode de transport"
VIRGINIA GIL | Directrice générale de la PLAE
Ça fait près de 20 ans que les gouvernements d’Aquitaine et d’Euskadi
travaillent conjointement dans le domaine des infrastructures et des transports,
les problématiques posées par le secteur étant communes aux deux territoires.
Ferroutage et merroutage sont les deux alternatives proposées au tout-route,
mais assaisonnées à la dernière sauce, celle de l’optimodalité.
Depuis quand le Conseil régional d’Aquitaine et
la Communauté Autonome Basque travaillent en commun sur la question des
transports ? Le partenariat a été lancé en 1989 par le biais d’un accord entre MM. Tavernier et Ardanza, respectivement présidents de l’Aquitaine et de l’Euskadi. En 1992 ce partenariat s’est concrétisé, les deux gouvernements décidant de travailler sur la voie ferroviaire à grande vitesse Dax-Vitoria. En même temps une commission a été créée entre l’Aquitaine et l’Euskadi et en 1999 est née l’idée de mettre en place une stratégie commune sur les transports. C’est ainsi qu’est née la Plate-forme Logistique Aquitaine Euskadi, laquelle a acquis une personnalité juridique en 2004 avec la création d’un GEIE (groupement européen d’intérêt économique) financé à 50% par Bordeaux et Vitoria. Quels ont été les objectifs de cette démarche ?
Les objectifs prioritaires sont d’un côté la promotion des deux régions avec la présence de la PLAE dans les principaux salons de logistique et de transport, et deuxièmement le développement du report modal, étant donné que le réseau routier est très saturé et pose de véritables problèmes avec le passage de 8 500 camions par jour à Biriatou. Ferroutage et merroutage ont été les deux
alternatives proposées. Maintenant on parle d’optimodalité. De quoi s’agit-il
exactement ? Il s’agit de faire en sorte que tous les modes de transport soient complémentaires, car on ne pourra jamais se passer du transport routier, notamment pour les trajets courts. L’optimodalité cherche donc à optimiser chaque mode de transport. I.L.
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