élections législatives
Pas de consigne du MoDem mais ses élus rallient la droite
·Les Verts du Pays Basque en revanche invitent les électeurs de gauche à soutenir les candidats socialistes
François Bayrou, courtisé par le PS comme par l'UMP pour le second tour des législatives, a choisi de ne pas donner de consigne de vote afin de bien marquer l'"indépendance" de son nouveau
Mouvement Démocrate.
C’est bien connu, le capitaine est toujours le dernier à quitter le bateau. Mais il ne reste plus que François Bayrou et Jean Lassalle pour naviguer. Le MoDem a obtenu 7,61% des suffrages dimanche en France, score largement inférieur à celui du leader centriste à la présidentielle (18,57%). Le MoDem, qui présentait 535 candidats au premier tour, n'aura en tout que six candidats encore en lice, dont Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis), qui refuse de dire s'il siégera avec M. Bayrou ou avec le Nouveau Centre (les UDF ralliés à Sarkozy) s'il est élu.
En Pays Basque, les élus UDF-MoDem se décantent clairement pour les candidats UMP. Les conseillers généraux UDF de la VIe circonscription, Bernard Auroy et Vincent Bru l’avaient dit très clairement lors du deuxième tour des présidentielles, et l’ont réaffirmé dès le premier tour des législatives. Même le maire de Sare, membre du PNB a soutenu Michèle Alliot-Marie dès le premier tour, comme l’ont fait les maires d’Espelette ou de Saint-Pée-sur-Nivelle.
Didier Borotra, sénateur-maire de Biarritz l’avait dit très clairement, et le confirme pour le deuxième tour : "Conformément à mes prises de position antérieures, j’apporte mon soutien à Madame Michèle Alliot-Marie et au Docteur Jean Grenet, candidats de la majorité présidentielle, pour le 2e tour des élections législatives".
A la veille du second tour, même Michel Veunac, coordinateur UDF en Pays Basque n’y résiste pas : "tout en respectant d’autres positions que prendraient mes amis du MoDem, électeurs sur la Ve circonscription et libres de leur choix, j’apporte personnellement mon soutien à Jean Grenet, dont je connais l’ouverture d’esprit et apprécie l’efficacité d’élu, pour le second tour des élections législatives". Même discours de la candidate Marie-Hélène Chabaud-Nadin qui souligne la sensibilité centriste de Jean Grenet avec qui elle fait équipe à la municipalité bayonnaise et précise également que Jean Espilondo "est la face la plus archaïque de ce parti".
Occasion pour l’UMP d’enfoncer le clou, en retirant son candidat face à François Bayrou, pourtant arrivé deuxième sur la circonscription Paloise. "Le président délégué de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, a annoncé que le parti retirait son candidat dans la circonscription de M. Bayrou, qui pouvait se maintenir en forçant une triangulaire. "Il n'y a pas de compromission, il n'y a pas de négociation. C'est un geste que l'UMP souhaite faire à l'égard de François Bayrou", a assuré M.Gaudin responsable de l’UMP. Message que Max Brisson, président du groupe UMP et 1er vice-président du Conseil Général s’empresse de préciser : "La majorité présidentielle, ouverte et tolérante, comme l’a démontré la composition du gouvernement et fidèle aux engagements du Président de la République Nicolas Sarkozy, a décidé de retirer dans la IIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques son candidat Jean-Pierre Mariné, laissant ainsi François Bayrou affronter seul la candidate de gauche. Cette attitude d’ouverture, respectueuse de la tradition républicaine, doit également s’opérer dans la IVe circonscription au profit d’Hervé Lucbéreilh, arrivé nettement en tête au premier tour, candidat de la Majorité présidentielle, qui doit dimanche, après le retrait de Jean Lassalle, affronter seul le candidat de la gauche. Au-delà de l’élection de dimanche, ce double retrait serait cohérent et renforcerait à neuf mois des élections cantonales la majorité départementale UDF UMP du Conseil Général". Bien essayé...
Pour sa part, CPNT insiste également sur son "indépendance" mais appelle également à voter pour les candidats de la droite.
La gauche y croit encore
La gauche, quant à elle, y croit encore, notamment suite à l’annonce par le gouvernement de hausser la TVA, en allégeant les charges aux patrons, et faisant les calculs d’un rassemblement large, très large, à gauche.
Les Verts du Pays Basque après avoir remercié les électeurs et électrices qui ont apporté leur soutien aux candidates des trois circonscriptions ont estimé que "pour relever les défis du changement climatique, et préserver la planète, pour mieux vivre ensemble et faire respecter des idéaux de liberté, d’égalité, de solidarité et de justice sociale, nous devons construire les nécessaires contre-pouvoirs face à l’hégémonie de l’UMP".
Les Verts du Pays Basque, dans un contexte politique difficile appellent à voter pour les candidats de gauche face aux candidats soutenant la majorité présidentielle, "afin de permettre une opposition résolue à la politique menée par N. Sarkozy".
Selon Jean-Pierre Domecq candidat PS au deuxième tour face à Jean Lassalle (UDF) et Hervé Lucbéreilh (UMP), "Les forces de Gauche ont recueilli près de 17.000 voix, autant que le candidat de droite le mieux placé. A ce score excellent il faut y ajouter les 4 à 6.000 électeurs de gauche qui se sont abstenus. Ce sont donc 20 à 22000 voix qui peuvent faire gagner la Gauche sur la IVe circonscription". Pour M. Domecq la question n’est pas de choisir : entre la droite qui s’affirme, celle de l’UMP et la droite qui se cache, celle du MoDem, au second tour le rassemblement peut faire gagner la gauche face à une droite hier unie, aujourd’hui divisée".
Hervé Lucbéreilh, en revanche, affiche ses soutiens, comme celui de la CPNT et celui du président de l’Assemblée Nationale Patrick Ollier qui souligne le besoin du candidat UMP. "Nous aurons besoin de toi, de ton énergie, de ton efficacité pour soutenir, à l’Assemblée, l’action du Gouvernement de François Fillon et concrétiser les engagements du Président de la République. Ta victoire est nécessaire à la réussite de ce changement auquel les Français aspirent !" a souligné le président dans une lettre adressée au candidat.
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