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Shua Group habite la danse
·La troupe new-yorkaise revient deux ans après le Temps d’Aimer pour investir de nouveaux lieux entre Bilbao et Bayonne
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Laura a choisi une robe de poupée crème et un décor presque enfantin. Tout au fond d’un vestiaire des studios Chorus danse, à Bayonne, elle semble abandonnée comme un jouet sur un banc.Puis s’anime en glissant sur le bois, d’une paroi à l’autre, en quête de toucher, de ressenti, de mesures, et se livre sans crainte au jeu du photographe.Un jouet qui pétille, qui a une âme, qui remplit les limites d’une maison de poupée, et devient son objet possédé. Une souris qui se complaît dans sa cage en feignant d’en chercher l’issue.Laura habite son corps comme cet espace imprévu. Le chorégraphe Joshua Bisset semble à l’affût de ce supplément de vie qui déborde de la danseuse, ce "processus de développement".Il guette "le corps qui se réveille et devient conscient". C’est même la marque de fabrique du Shua Group, la troupe new-yorkaise à l’écoute d’un langage corporel nouveau qui tente la symbiose avec le lieu qui l’entoure.
Shua Group n’est pas inconnu au Pays Basque puisque Joshua et Laura s’étaient déjà distingués avec ce langage singulier à Biarritz, lors du festival Le temps d’Aimer en 2005.Cette fois, ils reviennent en vacances, avant de regagner Berlin pour une nouvelle performance.Mais le couple ne se balade jamais en vain dans le monde et chaque halte génère une nouvelle expérience. A Bayonne au studio Chorus danse, ils présenteront Terrestrial, une ¦uvre créée à New York en 2003, avec sept élèves du studio bayonnais. Ils seront aussi à Bilbao vendredi soir, pour investir un nouveau lieu, le Kontainer, délicieusement "vide et neutre" au goût de Joshua.Ils se produiront en duo pour présenter Orange place, une nouvelle exploration physique autour de ces banderoles en plastique que l’on déploie autour des chantiers.
Pour cette compagnie, chaque être humain est un corps avant tout, qu’il habite et qui reflète tous les contacts avec le monde extérieur. Ainsi Shua Group danse parce que ses danseurs vivent leur propre corps et en font une source de curiosité profonde et de compréhension. Les danseurs sont à la recherche du mouvement premier de leur corps, de ce mouvement animal et naturel sortant du plus profond de l’être.
Harmonie du lieu
Mais cette perception du corps ne se fait qu’en harmonie avec un lieu. Ou comment occuper son corps dans l’espace. Exemple avec cette chorégraphie reprise pour le studio Chorus danse, qui ouvre "de nombreuses possibilités" à Joshua Bisset. Vitres, miroirs, couloirs, vestiaires, pour le chorégraphe, le lieu a d’abord l’avantage d’être peu encombré d’objets humains, peu habité.C’est aussi "un studio" qui à l’inverse d’une "vraie vie" offre "un jeu de miroir" et "une expérience différente" s’émerveille Laura.L’exploration du corps peut commencer en prenant le pouls du lieu, en se frottant aux imperfections du sol, en mesurant le râpeux des murs.Une expérience sensorielle importante lorsque Laura estime que "les danseurs ne savent plus où ils sont quand ils touchent".Il s’agit "d’ouvrir leur esprit" en jouant des imperfections des lieux.Joshua attend pour sa part des spectateurs aussi déboussolés que des "extra-Terrestrial", qui débarquent dans le studio bayonnais "sans savoir où ils sont".Dans tous les cas, les spectateurs seront "actifs" en cherchant eux-mêmes les danseurs, les frôlant parfois, choisissant la perspective d’un miroir qui permet de dégager l’angle mort d’une porte ou poursuivant un mouvement dans un long couloir.Dans tous les cas, danseurs et spectateurs auront "une autre idée, une autre relation avec une performance dansée" assure Shua group.
Ú Performance
Terrestrial.Shua Group.Samedi 16 juin.21h.Chorus danse.Bayonne.Tarif 5 euros.Tél.05 59 59 20 97.
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