Q uelques jours, qu’il va prendre le Petit Nicolas après avoir gravi ce qu’il appelle la dernière marche, quelques jours pour "habiter la fonction présidentielle" ! Où cela va-t-il se passer ? On l’ignore et les supputations vont bon train : un ashram, un couvent, l’abbaye de Bellocq, la caverne d’Ali Baba, l’église de scientologie avec son copain Tom Cruise, une maison de tolérance ? Il le dira sans doute au cours de sa dernière grand-messe devant son public en délire.
Imaginez un instant, juste pour le fun que Ségolène Royal ait sorti une telle ânerie. Imaginez les sarcasmes, les ricanements, que dis-je les hurlements de la classe médiatico-politique en pleine hystérie. Cela aurait occulté tout autre forme de débat et nous aurions eu droit à la consultation de tous les spécialistes de santé mentale conviés à se pencher dans l’urgence au chevet de la malade.
Et venant du petit homme : rien. Aucun commentaire, désobligeant, amusé ou même inquiet devant cette allégorie mystique d’un type qui prétend quand même gouverner la France. Il finira, à n’en point douter, comme Deschanel autre Président de la droite "Bleu horizon", qu’on retrouvait plus souvent en pyjama dans la campagne que dans son bureau à l’Elysée.
Pourtant les signes avant-coureurs, d’une folie galopante ne manquent pas pour qui veut bien observer. Lundi, il était dans le registre zen, pointant du doigt un coin de ciel bleu en osmose avec sa bonne humeur, trois jours après avec à la clef quelques facéties béarnaises, la mâchoire était serrée, le regard acéré et on se disait que ce n’était pas le genre de type à croiser en rentrant chez soi.
Il est très énervé le Petit Nicolas, il explique que le débat d’idées doit être contenu entre Me Royal et lui-même, il compare hardiment une élection qui doit désigner un Président ou une Présidente pour cinq ans à une finale de football. On a la culture qu’on peut mais tout de même, l’exigence démocratique mérite mieux!
Le trait constant du personnage, c’est qu’il ne supporte aucune contestation et malheur à qui s’avise de le dire. Il évoque alors la diabolisation, les procès Staliniens, mais voir le Nicolas en victime c’est un truc qu’un cerveau humain normalement constitué peine à faire.
Ce que nous ressentons tous confusément, c’est la métamorphose à venir, le Tsar qui pointe sous l’armure du candidat et "du premier consul déjà par maints endroits, le front de l’empereur brisait le masque étroit" ! (V.Hugo)
Et oui, c’est bien cela qui inquiète, car cet homme qui a déjà digéré 80% du programme frontiste peut parfaitement être en mesure de le mettre en musique dès le joli mois de mai. Savez-vous que l’on va finir par chercher avec nostalgie ce qui reste du gaullisme dans une UPM, prête à toutes les dérives idéologiques pour ne pas laisser échapper une once de pouvoir. Et dans ce registre le Tsar Nicolas est bien l’homme de la situation.
Dès qu’il nous reviendra "habité par la fonction présidentielle", le bal le plus fou pourra commencer, on ne pourra pas dire que l’on ne s’y attendait pas, car tous les symptômes de cette grave maladie sont exposés dans chaque meeting UMP. Alors même si c’est douloureux, visionnez-les rapidement et sans modération, parce que le 7 mai ce sera trop tard, le masque étroit sera tombé !