Après Lur Berri, la DDA de Pau. Hier matin, une centaine de militants anti-OGM ont investi les bureaux de la direction départementale de l’agriculture qu’ils ont occupés toute la journée. Les manifestants réclament la suspension du décret gouvernemental autorisant la culture en plein champ de maïs OGM ainsi que la mise en place immédiate d’un moratoire. Ils ont décidé de lancer une occupation illimitée (qui se poursuivait en début de soirée hier) en attendant une réponse favorable à leurs revendications.
Alors que quelques brebis, des poules et un cochon étaient parqués à l’entrée, la moitié des militants se sont enchaînés aux escaliers à l’intérieur du bâtiment. "C’est une façon d’illustrer que nous sommes prisonniers des décisions prises par l’Etat sans aucun débat, et qui mettent consommateurs et agriculteurs en danger", a commenté un militant.
Les anti-OGM demandent aux candidats à l'élection présidentielle "de se prononcer clairement sur l'instauration immédiate d'un moratoire", a déclaré Bernard Causse, porte-parole du collectif anti-OGM Pays Basque et aussi du collectif "Alerte OGM", structure nouvellement créée qui rassemble les militants anti-OGM du "grand Sud-Ouest".
Des banderoles ont été accrochées devant le bâtiment de la DDA, dénonçant une "agriculture totalitaire" et réclamant "l'arrêt immédiat des cultures OGM".
Vers midi, les militants ont rencontré Claude Bailly, le directeur départemental de l’agriculture à qui ils ont fait part de leurs revendications à transmettre au gouvernement.
Le déclenchement de cette action hier, jour du débat prévu entre les finalistes de l'élection présidentielle, "ne relève pas du hasard", a indiqué Bernard Causse, espérant que le thème des cultures OGM serait abordé lors de la confrontation entre les deux candidats. Ségolène Royal s'est déjà prononcée en faveur d'un moratoire, ce qui n'est pas le cas de Nicolas Sarkozy, a-t-il rappelé.
"L'Etat n'a pas à être complice des stratégies des multinationales agroalimentaires", a déclaré de son côté Jon Harlouchet, agriculteur bio à Bussunaritz et membre du collectif "Alerte OGM". "Nous sommes en pleine période de semences, les décideurs doivent agir tout de suite", a-t-il dit.
Il y a dix jours, le collectif anti-OGM du Pays Basque avait occupé durant près d’une semaine les locaux de la coopérative Lur Berri, à Aicirits. Le mouvement avait pris fin sur un engagement de la coopérative à ne pas débuter la livraison des semences OGM avant le 7 mai, lendemain du second tour de la présidentielle.
Par ailleurs, un débat public sur les OGM est organisé ce soir à 20h30 à Bidache (salle Polyvalente) par des jeunes agriculteurs, tous acteurs de l’occupation de Lur Berri. Un documentaire sera projeté.