Askatasuna appelle à la mobilisation face à la "guerre déclarée" par la France
L’association pour la défense des droits des prisonniers politiques basques, Askatasuna, estime que le degré de répression de l’Etat français à l’encontre de la dissidence basque atteint des niveaux inacceptables. Paris "maintient des conditions sociales et politiques qui ne peuvent qu’entraîner ranc¦ur et violence chez les personnes dont la voix est ignorée, voire enfermée. C’est une politique dangereuse, une politique de guerre déclarée qui pourrait avoir de funestes conséquences si nous n’y mettons pas un terme. C’est par la mobilisation et la lutte que nous ferons entendre notre voix à qui sera président de cet Etat la semaine prochaine".
Askatasuna, qui appelle à manifester le 16 juin à 17h à Bayonne, dénonce l’instrumentalisation de la justice et notamment l’utilisation de la XIVe section antiterroriste pour "criminaliser des personnes et des idées". "Les prérogatives de ce tribunal d’exception, qui s’attaque essentiellement aux Corses et aux Basques, sont tellement vastes que ses procédures pourront être appliquées demain à n’importe qui", s’est exclamé Anaiz Funosas, porte-parole d’Askatasuna. "Déjà en 1999 la Ligue des Droits de l’Homme avait publié un rapport pointant du doigt le fonctionnement de la XIVe section", a-t-elle rappelé. "Dans les prochains jours nous rencontrerons la LDH ainsi que d’autres mouvements tels qu’Attac, AC! et des associations de défense des droits de l’homme pour approfondir dans la dénonciation de ce tribunal d’exception".
Procédures et lois d’exception
Askatasuna a présenté un "bilan de la répression" qui met en évidence l’augmentation des peines écopées par les militants basques. "On est passé de 81 ans en huit procès en 2002, à 299 ans en sept procès en 2006". Cela est possible par le durcissement des lois d’exception, explique Askatasuna qui énumère le délai "excessif" de la garde à vue jusqu’à six jours en isolement et privé du droit à un avocat, les périodes de détention "plus qu’excessives" de quatre à six ans sans qu’il y ait de procès, la centralisation de la compétence du jugement au c¦ur d’une Cour d’assises spécialement composée "qui laisse soupçonner une forte connivence entre les différentes parties au détriment des personnes jugées", les entraves à l’exercice de la défense par l’éloignement et la dispersion mais aussi "par les nombreux obstacles que rencontrent les avocats pour récupérer les éléments des dossiers ou pour participer aux interrogatoires", l’allongement "spectaculaire" des condamnations du fait que désormais "on peut être condamné plusieurs fois pour le même délit d’appartenance à une bande armée", les doubles peines qui assortissent les condamnations comme les interdictions de territoire, les peines de sûreté ou la privation des droits civiquesŠ
De multiples raisons pour manifester le 16 juin "contre une justice arbitraire au service d’une stratégie politiqueŠ"
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