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ENTRETIEN
"Il faut exiger 30% de logements sociaux"
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Que signifie aujourd’hui le vote communiste après le mauvais score (2%) des présidentielles?
Voter communiste, c’est avoir des exigences et des refus par rapport au fait qu’une majorité de Français ait voté à droite, pour dire qu’il faut absolument qu’il y ait des députés communistes. C’est un vote porteur de ce qu’attendent les gens, il ne faut pas oublier que des gens dans les entreprises vivent des choses tous les jours, qu’il y a des chômeurs en difficulté, il y a même des retraités qui sont en grande difficulté. Il y a aussi des couples avec deux salaires moyens qui n’arrivent pas à faire face à tous leurs frais. Je crois que c’est important qu’il y ait des députés qui représentent les attentes de tous les Français, notamment de ceux qui souffrent.
C’est un vote de refus ?
Pour nous c’est un vote utile. C’est pour prouver l’utilité des députés communistes. C’est quand même le parti communiste qui a demandé le référendum pour la constitution. S’il n’y avait pas eu les députés communistes, tous les autres partis ne trouvaient pas d’utilité à ce vote. Alors que 53% des Français ont refusé cette constitution.
Un autre vote utile vous a été défavorable aux présidentiellesŠ
On a fait les frais du vote utile. Pour les législatives c’est tout à fait différent. Un député c’est quelqu’un sur qui on sait qu’on va compter. J’entends ceux qui disent Œje suis le député de tout le monde’. Mais excusez-moi, ces députés de tout le monde sont ceux d’une certaine catégorie de personnes.
C’est ce que vous reprochez au député sortant ?
Je lui reproche de ne pas assez entendre les gens. Il dit qu’il est proche des gens mais je ne crois pas. S’il recevait autant de gens que moi, qu’il écoutait cette misère des gens qui cherchent un logement, un emploi, qui souffrent, je ne sais pas s’il pourrait voter les lois qu’il a votées. Quand on voit les moments qu’il a passés à l’Assemblée, ce n’est pas énorme. Quand on s’engage, il faut s’engager pour de bon. N’importe qui peut s’engager à ce prix-là.
Et vous votre engagement...
D’abord l’emploi, en disant non aux délocalisations, le logement social, la culture, les languesŠ
Et la langue basque ?
Mon nom de jeune fille est Larre, je suis d’Estérençuby. Le Parti communiste a fait voter une loi pour que la France ratifie la Charte des langues minoritaires. Malheureusement la droite a saisi le Conseil constitutionnel qui estime que cette loi passe par une modification de la constitution. Le PC est pour que l’Éducation nationale enseigne les langues et les cultures régionales pour que soit créée une véritable filière des langues et des cultures de France.
Le parti communiste s’est déjà présenté contre la création d’un département Pays Basque. Que pensez-vous de la consultation populaire demandée à ce sujet par Batera ?
Je trouve que cette pétition repose sur une malhonnêteté intellectuelle. Si la loi, et nous l’avons appuyée, prévoit l’obligation d’organiser un référendum s’il est demandé par 10% de la population, cela ne concerne que les sujets de la compétence de la collectivité territoriale concernée. Or, le découpage territorial de la France dépend uniquement du parlement, donc cette pétition ne déclenche pas de référendum.
Quelles sont vos solutions au problème du logement social ?
Ce qu’il faut c’est une vraie loi. On n’a pas assez de la loi SRU. On n’a pas une loi qui permette vraiment d’imposer ces logements sociaux.
Pensez-vous que l’État doit se substituer aux communes qui ne respectent pas ces 20% ?
Quand du retard est accumulé, on ne peut pas demander au maire de rattraper ce retard en trois ans. Ce qu’il faut faire surtout, c’est exiger non pas 20%, mais 30% de logements sociaux parce qu’on en a énormément besoin, surtout pour les jeunes couples. La loi Borloo est une malhonnêteté intellectuelle en disant que les maires offrent le terrain et qu’on peut ensuite construire sa maison pour 100 000 euros. Mais avec la pression foncière, quels sont les maires qui peuvent se permettre d’offrir un terrain ?
Il y a aussi la question des infrastructures routières...
La vraie question est qu’aujourd’hui 8000 camions traversent la circonscription avec une perspective de 12 000 dans les 12 ans qui viennent. Certaines études montrent que le seuil de pollution est déjà dépassé. Il faut mener une bataille énergique pour diminuer le trafic de marchandises qui favorise les délocalisations et ne se justifie pas. On soutient le projet d’autoroute de la mer. On a la chance d’avoir un port. Il y a des solutions, il ne faut pas attendre que ce soit la catastrophe. Plutôt qu’élargir l’A63, il faut trouver des solutions plus profondes.
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