Main nue trinquet -Amateurs - Championnat de France - Finale
Des "nouveaux" aux dents longues
·Les Itsasuar Aguerre et Saint-Esteben tenteront de créer la surprise demain au Moderne
Deux "nouveaux" en finale du championnat de France, personne ne s’en plaindra. Au contraire. Car si on a l’impression de voir et de revoir toujours les mêmes têtes dans les phases finales des compétitions fédérales, Itsasuarrak est cette fois-ci venu perturber l’uniformité accablante de la première série. En éliminant les finalistes de l’an dernier (Itoiz-Itoiz), Jean-Claude Aguerre (24 ans) et Peio Saint-Esteben (28 ans) se sont offert leur premier épilogue chez l’élite amateur de la main nue en trinquet. Xapela qu’ils essayeront de coiffer demain après-midi au trinquet Moderne (voir programme ci-contre). Une récompense on ne peut plus juste pour un duo qui poursuit le titre de première série depuis quelques années déjà. Quarts de finaliste, puis demi-finalistes, il manquait cependant ce petit plus qui permet d’aller au bout. À croire que les protégés de Dominique Aguerre ont franchi ce palier. Et comme l’appétit vient en mangeant, il y a de fortes chances que les Itsasuar ne se contentent pas d’une simple place en finale. "Arrivés jusqu’ici on veut le titre" avoue l’avant Aguerre, qui a retrouvé le sourire dans les canchas, après un accident qui l’a tenu loin des trinquets pendant un an : "Je peux dire aujourd’hui que je reprends du plaisir à jouer à la pelote" se félicite-t-il. Ça se voit.Le problème est que le mondialiste mexicain et son compère vont se heurter demain après-midi à un adversaire des plus coriaces. Bien en place depuis deux saisons au plus haut de la catégorie amateur, Ellande Alfaro et Alain Héguiabéhère (Biarritz AC) dominent de la tête et des épaules un championnat dont ils sont encore invaincus cette saison. Logique en ce qui concerne le championnat de France qu’ils ont attaqué au stade des demi-finales, mais les Bacistes ont au préalable réalisé un parcours sans faute en championnat du Pays Basque. Du début jusqu’à la fin. Bref, ce qui se fait de mieux en ce moment chez les amateurs.
La demie révélatrice
Peu importe, Itsasuarrak croit en son étoile... et compte sur son potentiel pour jouer les trouble-fête. En partie parce que la demi-finale perdue en championnat du Pays Basque face à ces mêmes adversaires leur a ouvert les yeux : "Il ne manquait pas grand-chose" livre le neveu des anciens indépendants Andde et Dominique Aguerre. "On était devant jusqu’à 30 avant qu’on ne s’écroule, on ne sait toujours pas pourquoi. Alors, ils sont favoris, d’accord, Alfaro est le meilleur à son poste et Héguiabéhère aussi, mais on a les moyens de les contrarier".
Plus mûrs
D’autant que les jeunes d’Itsasuarrak semblent avoir franchi un palier cette saison, comme si le moment était venu d’enclencher la vitesse supérieure. Peio Saint-Esteben a suivi toute la préparation de l’équipe de France avant les championnats du monde de Mexico pendant qu’Aguerre s’exerçait dans les trinquets et joko berri du Pays Basque tout au long de l’été, "indéniablement ça nous a fait du bien" acquiesce l’avant itsasuar, "Peio était très motivé, il a même continué la préparation après le mondial et pour ma part, ces parties de l’été m’ont fait le plus grand bien. On a rapidement été éliminés de la place libre ce qui nous a permis de nous concentrer sur le trinquet".Une chose est sûre, le duo a gagné en régularité, mais surtout en maturité. Là où l’équipe s’effondrait le moment important venu, elle sait désormais réagir à temps. Quoi qu’il en soit, il faudra le prouver demain face aux meilleurs du moment, sans grandes stratégies mais avec quelques idées préconçues : "On essaiera de prendre de vitesse Héguiabéhère, il nous avait semblé un peu énervé en demi-finale. Cela dit, il s’était peut-être présenté trop sûr de lui, il ne le sera pas cette fois-ci" lâche Jean-Claude Aguerre pour qui les caractéristiques du Trinquet Moderne de Bayonne sont un atout qui favorise son équipe. "La planche ne roule pas trop, c’est un bon point pour tenir Héguiabéhère derrière. On pourra faire parler notre puissance". À voir.
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