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Culture

Koldo Ameztoy : “J’ai été cherché les petits trésors dans chacune des deux langues”

 

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20/12/2013

Cécile VIGNAU

Trente ans que l’artiste conteur arpente le Pays Basque, sillone les routes de l’Hexagone et du monde, contribuant à faire revivre la parole. Cette fois, Koldo Ameztoy a voulu laisser une trace, ou plutôt “des traces écrites”, à la source de quelques-unes de ses créations. Elles sont compilées en deux volumes, l’une en basque, Erran bezala, le second en français, Cela étant dit, aux éditions de la Rhune. “Il ne s’agit pas d’une traduction, certains des textes sont identiques, d’autres dans non” détaille Koldo Ameztoy. En commun donc, les textes In vino fabubla, Biribilketa, luma beltza et Aneta du Boucau. Les lecteurs bascophones découvriront ensuite Jentilak eta ikaskina et Olabegia ; les contes Adour, récits de fleuve et Dans l’œil du gypaète sont en langue française. Une sélection de l’artiste parmi la quinzaine de créations à son actif.

Autant de contes nés de l’imaginaire de l’artiste qui oscille entre les deux langues : “Au départ, je racontais en langue basque, naturellement. Assez rapidement on m’a demandé d’aller ailleurs, en Dordogne. J’ai donc été cherché le petit trésor de chacune des langues”. Et Koldo Ameztoy s’est mis voilà une vingtaine d’années à jongler entre les deux langues basque et française, suivant le contexte, le lieu, le public, touillant “dans ces deux marmites”.

Ibarxola, le village mythique

Alors que les contes revêtent un aspect mythique, légendaire, ancestral, Koldo Ameztoy va puiser dans ce patrimoine oral, mais au-delà il crée sa propre matière. “Ibarloxa, c’est mon village mythique, interplanétaire. Chaque lieu a une histoire, ce lieu-là s’étoffe au fil du temps, il est un camp de base, un rond-point” sourit l’artiste. Un creuset qui va l’amener aux confins de l’Adour, sur les traces de la chasse à la baleine, dans l’univers viticole, à la conquête des airs avec un homme devenu un oiseau noir. Autant d’univers où l’homme est en harmonie la nature environnante.

De l’oral à l’écrit

Des contes qui devant un public ne restent pas figés mais sont en perpétuelle évolution : “Mon travail consiste en donner des images avec des mots. Il y a un conte cadre, et je rajoute des histoires à l’intérieur”. Difficile donc de figer un conte, de poser ces mots, cet art de l’oralité sur le papier. “D’autant que tous ces contes sont passés par l’oralité, ils n’ont pas été créés pour le recueil. Il y a eu un gros travail pour arriver à la littérature. Dans le langage, mais aussi dans les mots qui sont venus remplacer les mimiques” explique Koldo Ameztoy.

“Un art minorisé”

Koldo Ameztoy qui regrette le faible rayonnement du conte dans le milieu adulte : “Ca a du mal à prendre, c’est un peu triste. On n’arrive pas à se détacher de cette image enfantine”. Toutefois, l’artiste ressent un regain depuis quelques années, notamment avec l’influence du Pays Basque Sud : “Quelque chose est en train de germer à Renteria, des rencontres se font aussi chaque année en Bizkaia”.

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