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Pays Basque

L’écoquartier du Séqué veut faire oublier le désastre Plantoun

 

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19/12/2013

Pierre MAILHARIN

Il ne suffit pas de trois cabanes sur échasses pour faire un éco-quartier. En ce sens, le controversé Hameau de Plantoun n’en méritait pas l’appellation, selon l’adjointe bayonnaise au développement durable Martine Bisauta : “Une architecture tout en bois et sur piloti n’est pas forcément écologique. ça donne une image. Un éco-quartier ne se résume pas à l’utilisation du bois”. La ZAC du Séqué, elle, rentre bien dans les clous. Elle a même reçu le label en 2009 du ministère de l’Ecologie.

Lancé au milieu des années 2000 par la Ville de Bayonne, le projet d’aménagement en écoquartier du site de 14 ha situé rive droite de l’Adour a commencé à se concrétiser à partir de 2011. La première tranche de logements est sortie de terre, la deuxième émergera progressivement d’ici 2015 (voir ci-dessous). Le Séqué comprendra près de 600 appartements plus un Ehpad (98 lits), déjà livré. Pour une capacité totale de 1600 habitants.

Un (gros) programme immobilier comme un autre ? Pas vraiment. “Le mot écoquartier est un peu galvaudé, mais il s’agit d’une forme d’urbanisation nouvelle, qui tente de répondre de manière efficace aux défis d’aujourd’hui”, résume l’édile.

Accessibilité des logements

Premier axe : “la maîtrise sur le plan financier”. Autrement dit, l’accessibilité des différentes couches de la population au quartier. Les constructions, confiées à des promoteurs privés ou publics par la Sepa (société d’économie mixte contrôlée par la ville de Bayonne et gestionnaire de la ZAC), embrassent ainsi toutes les possibilités, du locatif social, à l’accession libre en passant par l’accession sociale ou maîtrisée. “Selon les programmes, c’est entre 1900 et 2400 euros le m2, le maximum ayant été fixé à 3200 euros/m2. Le quartier est accessible aux classes moyennes, voire plus modestes”, souligne M. Bisauta.  

Deuxième exigence posée : “l’ambition environnementale”. Le traitement des déchets et des eaux pluviales a été peaufiné. Avec, bien sûr, la maîtrise de l’énergie : “Ce sont des bâtiments dans lesquels l’enjeu énergétique a été mis en avant par la ville. On doit au final s’y retrouver en matière d’isolation”. Le couac Plantoun devrait ainsi être évité, même si Martine Bisauta peste un peu de n’avoir pu faire mieux que du “basse consommation”, faute de “recherche et de savoir-faire” de la part des professionnels du BTP.

Un travail sur l’appropriation

Enfin, l’éco-quartier se veut impliquant et participatif : “Si les habitants n’ont pas un comportement conforme à ce qui a été mis en place, on perd 40% d’efficacité. Il faut qu’ils s’approprient le dispositif”, plante Martine Bisauta. En ce sens, et parce que la volonté de la ville est de “produire du lien social, d’en faire un vrai quartier”, une concertation a été mise en place avec les futurs habitants de la première tranche six mois avant leur emménagement. “On leur a laissé les grands espaces communs à aménager” : jardin, maison de quartier etc. Jeudi, le Conseil municipal de Bayonne doit entériner la création de l’association d’habitants “Les Jardins du Séqué”, qui a choisi de gérer elle-même l’espace vert et sur le mode du “jardin partagé” plutôt que découpage en “jardins familiaux”.

L’avenir de l’ancienne ferme labourdine attenante Loustanaou est lui encore en réflexion. Elle servira de maison de quartier, c’est sûr. Mais qu’y trouvera-t-on à l’intérieur ? Un bar autogéré ? Une ludothèque ? Une salle de musique ? Diverses pistes sont envisagées dans le cadre de la rénovation du bâtiment pour 1 million d’euros, montant provisionné par la Sepa. Une crèche parentale est également étudiée par les résidents : elle pourrait être construite à côté de Loustanaou.

Expérimentation participative

La deuxième tranche de logements du Séqué (environ 200) sera construite d’ici 2015. Parmi les programmes, celui du Col (45 logements), est singulier : “La ville a poussé l’expérimentation plus loin, avec un programme d’habitat participatif”, explique M. Bisauta.

Quel en est le principe ? “Les futurs habitants ont une feuille blanche devant eux. Avec des arhitectes programmistes, ils construisent leur projet. Cela donne des appartements extrêmement personnalisés. Ils imaginent aussi ensemble les espaces communs, par exemple une buanderie commune, pour gagner de l’espace chez soi’, esquisse l’élue.

Ce travail effectué depuis un an par la trentaine de co-propriétaires engagée dans le projet a abouti à une Charte. La phase “plus concrète” de mise en adéquation de ces souhaits avec les possibilités des architectes     s’achève. Le permis de construire va bientôt être déposé.

Directeur du COL, Imed Robbana a supervisé cette démarche participative. Il en avait déjà piloté une à Romainville : “Le but n’est pas de faire des appartements sur mesure. On veut d’abord rendre les gens acteurs, s’appuyer sur l’intelligence collective. La période où l’on considérait que l’élite avait la science infuse est terminée. Le deuxième objectif est de redonner du sens, recréer du lien social dans une société où les voisins ne se supportent plus”, éclaire-t-il. Dans la mesure où “cela ne se décrète pas”, le COL a oeuvré à la formation de ce groupe en amont, “ouvert à tous, pas seulement à des bobos écolos”, précise-t-il. L’association qui en a émergé s’appelle “Tera Arte”.

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