RSS
Hasiera > Paperezkoa > Culture

Culture

Aspaldian: une création artistique contemporaine aux accents paléolithiques

 

p012_ph01.jpg

19/12/2013

Cécile VIGNAU

Comment l’homme s’est-il apprivoisé à travers le son? Une question primitiviste des choses et “fondamentale” pour François Rossé qui s’interroge depuis maintenant plus de trente ans. C’est parce qu’il se pose ces questions que le centre culturel Arts et Sciences des grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya et le directeur artistique des lieux Jean-Philippe Leremboure lui ont passé commande. Aujourd’hui, après un premier spectacle en mai 2012, sort un CD-DVD, fruit d’un travail en commun avec l’association ZTK. Un point d’orgue pour les grottes dont l’année s’est vue ponctuée de manifestations et autres événements dans le cadre des “cents ans de fouilles archéologiques”.

Une triple dimension

La volonté de faire exister pleinement les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya dans leur dimension scientifique, culturelle et artistique atteint donc son paroxisme avec le projet Aspaldian. Les fouilles archéologiques qui se sont succédées sur le site des grottes d’Isturitz depuis le début du XXème siècle ont révélé la plus forte concentration de flûtes paléolithiques connue au monde à ce jour, à savoir 22 fragments. Une découverte conséquente qui amène les scientifiques à des reconstitutions et donc à faire appel à des artistes musiciens: “Notre rôle est là” ajoute Paxkal Indo, “la création devient alors la seule trace de conservation”.

L’idée d’Aspaldian était donc telle : se réapproprier des flûtes datant de l’époque Aurignacienne jusqu’à celle du Magdalénien (-35 000 à -10 000 ans) et les mettre en valeur dans une composition originale. Grâce également au travail de reconstitution de flûtes en os de vautours du service régional d’archéologie Christian Normand. 

“Les cro-magnons nous ont laissé des traces, c’est à nous d’en laisser pour les générations à venir” lance Mixel Etxekopar.  Aspaldian se fait le témoin d’une création permanente au sein des grottes : “Il y a 40 000 ans, l’on créait dans cette grotte; aujourd’hui l’on crée encore” ajoute Jean-Philippe Leremboure, qui précise toutefois: “Il ne s’agit pas de restitution ou reconstitution, mais bien de création propre, et contemporaine”.

Le projet d’écriture musicale contemporaine emmené par François Rossé réunit flûte et clarinette basses, arbrassons, flûtes préhistoriques et percussions. Et interprété par des musiciens d’horizons divers : “Ca a été un vrai travail commun, de compréhension de la symbolique de l’oiseau. Tout était à découvrir”.

“On a partagé un vécu qui donne du sens à cette œuvre. Désormais, ce n’est plus une grotte quelconque, mais une grotte où l’on a vécu quelque-chose” conclut François Rossé.

inprimatu