RSS
Hasiera > Paperezkoa > Sports

Sports - Rugby

Lissar n’a pas fini de grandir

 

p009_01.jpg

19/10/2013

Marc DUFRECHE

“C’est vrai que ce n’est pas courant. Il y a encore pas mal de filles qui ne viennent pas au rugby parce que les parents ne veulent pas.” Lauriane Lissar (21 ans) n’a pas connu une jeunesse sportive tout à fait normale, car pour elle, pas besoin donc de planquer les crampons sous les chaussons de danse au moment de sortir de la maison.

“Mes parents m’ont poussée à jouer au rugby”, se souvient-elle. “Ils me l’ont proposé après avoir entendu qu’une section rugby féminine s’ouvrait. J’y jouais déjà avec les copains de mon frère. J’étais assez garçon manqué. Du coup, j’ai commencé le rugby avec des copines pour essayer et ça m’a vraiment plu. Le jeu à sept ou à quinze, l’ambiance, ça me plaît tout simplement.”

Après le handball et la pala à Saint-Étienne-de-Baïgorry, voilà donc l’adolescente et six de ses copines du village qui débutent le rugby dans la section du collège de la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port. Lauriane est la dernière encore en activité après l’arrêt l’an dernier de Lætitia Jorajuria qui jouait à l’AS Bayonne. Lauriane Lissar évolue également sous les couleurs du club de la sous-préfecture du département. L’AS Bayonne, la suite logique pour Lauriane lorsqu’elle arrive au lycée Lauga situé à quelques mètres du lieu d’entraînement de l’AS Bayonne, le terrain Christian-Bélascain.

Troisième de ligne de formation, c’est derrière que la Baigorriar fait des étincelles. “C’est Jean-Baptiste Lartigot qui l’a repositionnée au centre”, raconte Jean-Michel Gonzalez, entraîneur de l’ASB avec Lartigot. “Elle peut jouer partout, centre voire demi d’ouverture, mais je pense que son poste, c’est à l’arrière. Elle a la capacité d’accélérer, de venir dans les intervalles. C’est une fille explosive qui va très vite.”

Équipe de France à VII

Évidemment, tout cela n’échappe pas aux yeux des sélectionneurs de l’équipe de France. “En cadettes, on faisait des stages intersecteurs et après, j’ai été appelée pour ma première année de senior à disputer un tournoi à sept sur l’île de La Réunion. L’année d’après, j’ai fait le quinze et le sept avec l’équipe de France des moins de 22 ans”, rappelle la joueuse de l’ASB. Aujourd’hui, Lauriane est régulièrement appelée pour les stages de préparation au sein de l’équipe de France à VII, dont le prochain début novembre à Soustons. Elle n’a pas encore connu les joies de disputer un des tournois du circuit IRB (élite mondiale), mais cela ne devrait tarder.

Sans oublier ces Jeux olympiques de Rio en 2016 où le rugby sera sport de démonstration : “Oui, bien sûr que ça m’intéresse d’aller aux Jeux olympiques. C’est quelque chose d’extraordinaire. Quand on est en stage, on nous dit qu’on est dans le groupe susceptible de jouer aux JO, mais c’est tout pour l’instant.” Jean Michel Gonzalez est plus catégorique : “Elle va enquiller les JO, elle a toutes les qualités pour. Cette année, elle a fait une grosse préparation estivale et elle est en train d’en récolter les fruits en ce début de saison. C’est une pièce maîtresse dans notre jeu.”

Quant à l’équipe de France à quinze, Lauriane Lissar, ce n’est qu’une question de temps. Pas cette saison où les tricolores ne se lanceront plus dans les expérimentations à quelques mois d’une Coupe du monde que la France organise sur le site de Marcoussis en région parisienne. Ce sera pour plus tard et sans doute conditionné au fait que l’AS Bayonne évolue de nouveau au plus haut niveau, l’Élite 1.

La montée difficile

Les Bayonnaises s’invitent depuis deux saisons dans le dernier carré sans parvenir à accéder à l’Élite 1. Chaque fois, cette deuxième division opérait un ogre, ou plutôt une ogresse, qui écrasait tout sur son passage. Mais cette saison, l’ASB fait partie d’un groupe d’équipes homogène pour disputer le titre. “On est toutes au même niveau”, juge Lauriane Lissar. Mais l’accession sera très difficile cette saison au vu du règlement. Le champion de France Élite 2 devra disputer un barrage d’accession face à l’équipe classée 8e dans le Top 10.

Aujourd’hui, Lauriane Lissar rêve de “connaître le titre de champion de France avec le club” et “de monter en Top 10 pour voir ce que c’est que le plus haut niveau”. Des ambitions sportives maintenant que le rugby féminin est entré dans les mœurs : “Quand j’ai commencé et que je disais autour de moi ‘je joue au rugby’, ça surprenait beaucoup plus de gens qu’aujourd’hui, c’est sûr. J’aimerais quand même qu’on s’intéresse un peu plus au rugby féminin. Ça n’a rien à voir avec le rugby masculin. Ce n’est pas le même style de rugby, mais ça reste un très beau jeu.”

inprimatu