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Culture

L’auteure Yolanda Arrieta à Nekatoenea

 

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09/10/2013

Cécile VIGNAU

Au lendemain de la pressée des pommes, Yolanda Arrieta s’est installée un mois durant dans l’un des deux appartements de la résidence d’artistes Nekatoenea, tapie au cœur du domaine d’Abbadia à Hendaye.

L’écrivaine bizkaitar, bien connue du jeune public et du monde culturel basque, travaille depuis quelque temps déjà sur la figure de Bizenta Mogel Elgezabal (1782-1854), qu’elle appelle “la fille des Lumières”. Après de nombreuses recherches sur la vie de l’écrivaine native d’Azkoitia, elle fait le pari de les vulgariser, d’en faire part à un plus grand nombre, et en particulier aux adolescents, dans un langage simple et clair. Une volonté nécessaire, selon Yolanda Arrieta, qui constate la difficulté de transmettre la littérature classique aux nouvelles générations. Inspiré du Monde de Sophie de Jostein Gaarder, qui propose une histoire de la philosophie sous forme de fiction, Yolanda Arrieta travaille à entremêler les différents éléments de la vie de Bizenta Mogel à des personnages et éléments fictifs, tous droits sortis de son imaginaire. Bizenta Mogel passa sa jeunesse à Markiña avant d’aller vivre à Bilbo où elle côtoya le monde culturel de l’époque. Yolanda Arrieta s’est intéressée au caractère volontaire et courageux du personnage qui en tant qu’auteure a toujours assumé son identité, alors qu’il était plus souvent d’usage pour une femme en Europe de publier sous un pseudonyme. Cette même femme “qui a toujours essayé de faire les choses bien” et de vulgariser la littérature, de se faire comprendre du plus grand nombre : “Elle a en quelque sorte annoncé le batua. Elle utilisait un langage plus ouvert que le bizkaitar, afin que les Gipuzkoar comprennent aussi.” Une femme d’avant-garde qui l’était aussi dans son couple, mariée à 35 ans et cultivant un modèle d’indépendance. En revanche, elle fut parfois critiquée pour le côté moraliste de ses contes, fruit d’une éducation stricte : “On lui pardonnera facilement pour son caractère courageux”, précise Yolanda Arrieta.

S’imprégner du territoire

L’écrivaine découvre et appréhende depuis lundi le territoire d’Abbadia, tâtonne aux confins de cette ambiance intime et naturelle. Une ambiance propice, “à l’ancienne” dira-t-elle, afin de se plonger dans un rythme passé : “Au temps de Bizenta, les populations vivaient sans les lumières de la nuit, dans le silence. Je retrouve ça ici.” Qui plus est, Yolanda Arrieta, qui vit à Usurbil, profite de cette incursion pour s’imprégner du lieu : “Ça m’oblige à être en contact avec l’essence de la terre. Pour pénétrer une auteure classique, ce calme propre à l’environnement naturel est nécessaire. On y trouve d’autres sons, d’autres odeurs, d’autres silences. Ce n’est plus le rythme des voitures que j’entends au loin, mais le clapotis de la mer.” Une présence bénéfique donc, qui se caractérise par la suite du projet de “la fille des Lumières”, ainsi qu’une médiation appuyée en direction des scolaires. “On verra par la suite pour le volet édition. Mais il est important qu’une trace reste”, ajoute Pantxoa Etxegoin, directeur de l’Institut culturel basque.

Après Fernando Morillo et Ekhiñe Egiguren, Yolanda Arrieta est la troisième artiste en résidence à Nekatoenea. Un pas en avant pour le CPIE Littoral basque, qui travaille sur ce projet main dans la main avec l’Institut culturel basque et l’association des écrivains en langue basque EIE, pour une mutualisation des compétences et un échange des savoir-faire optimum. “Depuis 15 ans, on reçoit des plasticiens, peintres, artistes de toutes disciplines, mais la venue d’écrivains est plus récente. C’est un pas en avant pour le CPIE vers la normalisation et le développement de la langue basque”, étaye Aintzane Lasarte.

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