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Pays Basque

Municipales 2014 : La succession de Borotra libčre des espaces

 

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02/10/2013

Pierre MAILHARIN

La politique a horreur du vide. Le départ de Didier Borotra en 2014, après 23 ans de règne, aurait pu laisser Biarritz désemparé face au néant. Son retrait suscite, au contraire, un puissant appel d’air de vocations depuis un an et demi (Le JPB du 04/07/2012). À six mois de la succession, le souffle se fait néanmoins plus court : il n’y aura pas la place pour tout le monde. Question d’espace électoral. Analyse.

Quatre créneaux, occupés par autant de candidats, se dégagent. Le trio d’adjoints Max Brisson, Michel Veunac et Guy Lafite, s’élance d’une zone de turbulence, l’héritage Borotra. Il devra l’assumer sous peine de se renier. Tout en s’en détachant. M. Brisson évoque une nouvelle période, le “temps des Biarrots” ; M. Veunac un “droit d’inventaire” ; G. Lafite pourrait y aller de sa formule lorsqu’il sera déclaré.

Rassembler, avec ou sans parti

Chacun s’approprie(ra) en revanche la méthode de gouvernance : le rassemblement. En l’adaptant à sa cible. Dans une élection qui sera sans doute très partisane, M. Brisson joue la carte de l’agrégation autour de l’UMP. L’UDI lui a fait allégeance. Il tentera de surfer sur le mécontentement à l’égard du pouvoir PS, pour drainer l’électorat de droite officielle de la ville, compris entre 34 et 40 % lors des derniers scrutins (ci-contre). Le radical de gauche G. Lafite, qui bénéficiera de l’accord départemental PS-PRG, devrait user de la même stratégie d’union de la gauche (le PS-PRG oscille entre 20 et 30 % précédemment).

Le rassemblement de M. Veunac se place, lui, au-delà des partis. La faiblesse du MoDem (6 à 12 %) ne lui laisse guère d’autre choix au premier tour. Sa capacité à fédérer constituera son va-tout pour exister au second tour. Le plan fonctionne pour l’instant : le groupe de gauche et abertzale Biarritz Elkartu (P. Claverie) vient de le rejoindre, les abertzale de Biarritz autrement (M. Poueyts) pourraient l’imiter. Reste à savoir si leurs électeurs suivront. Et si ceux de centre-droit l’accepteront. Équilibre délicat. En cas de bon score, il pourrait être tenté d’inciter G. Lafite à le rallier, étant alors en capacité de l’emporter face à M. Brisson. L’hypothèse serait cependant difficile à avaler pour le PS, alors que le MoDem s’inscrit dans l’opposition à Paris.

Quatrième postulant : le divers droite Jean-Benoît Saint-Cricq, qui a fait de la critique du borotrisme son credo électoral. Les affaires de Biarritz océan, des parkings ou de l’Hôtel du Palais lui donnent des chances réelles de second tour. Il avait recueilli près de 30 % en 2008 sur le même mode.

Il devra toutefois nouer alliance s’il ne veut pas à nouveau passer six ans dans l’opposition. Il en est conscient et ouvre une porte : “Je n’exclus rien. Je n’ai pas du tout l’intention de rester dans l’opposition. Je serai l’arbitre de cette élection.” Un autre candidat s’est déclaré : l’ancien joueur de football américain Richard Tardits. Son “espace électoral” semble a priori plus restreint.

Précédents scrutins et état des forces

En 2008, quatre listes se trouvaient en compétition, toutes qualifiées au second tour. L’équipe de Didier Borotra (UMP-MoDem-Biarritz autrement, Guy Lafite) l’avait finalement emporté avec 43,37 % (41,80 % au premier). L’opposant divers droite Jean-Benoît Saint-Cricq était arrivé deuxième (27,01 % puis 29,93 %), le PS troisième avec Galéry Gourret-Houssein (16,60 % puis 14,03 %) et le groupe de gauche et abertzale Biarritz Elkartu quatrième avec Peio Claverie (14,60 % puis 12,66 %).

Si aucune élection ne se ressemble, les derniers scrutins (présidentielle et législatives 2012, cantonales 2011) donnent une indication des forces au premier tour. L’UMP est la première valeur (entre 34,52 % et 39,91 %), le bloc PS-PRG deuxième (de 18,79 % à 31,32 %). Le MoDem est plus bas (6,79 % à 12 %). J.-B. Saint-Cricq a seulement participé aux cantonales 2011 pour un score de 11,29 %. Entre les cantonales 2008 et 2011, les abertzale totalisent 844 voix (4,86 % et 9,73 %).

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