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Pays Basque

La question des parkings coince à Biarritz

 

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02/10/2013

Giuliano CAVATERRA

“Les parkings Vinci se feront à Pâques… ou à la Trinité !” C’est ce qu’affirmait hier le conseiller municipal d’opposition Jean-Benoît Saint-Cricq à la suite du conseil municipal de Biarritz de lundi. Lors de celui-ci, la délégation de service public (DSP) pour la construction des parkings des Halles et de Beaurivage a pourtant bien été votée à la majorité du conseil municipal. Un vote marqué par l’abstention de l’adjoint aux finances Guy Lafite. Mais aussi donc par un lièvre levé par J.-B. Saint-Cricq.

Ce dernier a en effet exhibé en conseil municipal une lettre de l’évêque de Bayonne, l’évêché étant propriétaire du terrain sur lequel doit être construit le parking des Halles. La lettre indique que les discussions engagées “n'ont abouti sur aucun accord, pas même de principe”. L’évêché s’inquiète des “inconvénients” que poserait la construction pour l’église voisine et trouve le prix proposé “dérisoire”.

Dans sa missive, l’évêque estime donc que la délibération proposée au vote lundi est “prématurée”. J.-B. Saint-Cricq parle, lui, de “folie”. À défaut de faire annuler le vote, il affirme qu’il a réussi à “faire plier” Didier Borotra. La DSP prévoyait en effet une clause de résiliation avec indemnités à Vinci si l’achat du terrain ne se faisait pas. Des dommages et intérêts qui pourraient se monter à 800 000 euros, selon le conseiller municipal. Celui-ci aurait obtenu la modification de cette clause qui serait maintenant suspensive et ne comporterait plus d’indemnités à verser. Pour Vinci, il n’est pas sûr désormais, en l’absence de certitudes sur l’acquisition du terrain, qu’elle s’engage sur cette DSP. Or la délégation concerne les deux parkings. L’affaire pourrait donc être repoussée à un temps indéterminé, temps que devraient mettre à profit les opposants au parking Beaurivage pour faire des recours.

D’autant que, toujours selon l’élu d’opposition, “les études géotechniques sont insuffisantes” et qu’il “manque une étude d’impact” pour être en conformité avec la loi littoral et le futur document d’urbanisme du Scot.

Par ailleurs, et sur le même sujet, ce n’est rien moins que l’adjoint aux finances qui s’est désolidarisé de la majorité municipale. G. Lafite assume le projet et le choix du délégataire, mais est en revanche en désaccord sur le mode de financement. “La subvention d’équipement demandée par Vinci est de 7,2 millions. Nous avions deux choix : ou la financer nous-mêmes par un emprunt ou un financement par Vinci.” Or dans le second cas, le montant à payer est de 7,65 millions “ce qui fait 450 000 euros de plus dans une période de baisse des dotations de l’État”. De plus, selon lui, l’emprunt auprès d’une banque aurait un coût moindre. Au total, l’opération reviendra à 9,35 millions (avec les frais divers) étalés sur onze ans. “Alors qu’un parking se finance plutôt sur 20”, estime G. Lafite.

Le mode choisi permettrait en fait de réduire dans les écritures “le ratio d’endettement de la ville, mais de toute façon la dette sera là”, explique l’adjoint. En plus des économies possibles, l’adjoint regrette aussi que ce faisant la ville se rende “dépendante encore un peu plus de Vinci, déjà très présent à Biarritz”.

Le Palais n’est pas à la fête

Le conseil municipal de lundi a été aussi l’occasion d’aborder la gestion de l’Hôtel du Palais. À la suite d’un rapport de la chambre régionale des comptes Aquitaine, Poitou-Charentes (cf. Le JPB du 26/09/2013). Un rapport qui a d’ailleurs été rendu public à la suite du conseil municipal. Parmi les points évoqués par la chambre des comptes, la gestion des “offerts”. Il s’agit de pratiques commerciales qui conduisent les dirigeants à offrir à des clients consommations, repas voire nuitées. La chambre des comptes estime que le contrôle de ces pratiques n’a pas été suffisant sur la période 2005-2011. D’autant que certaines années, ces pratiques ont représenté plus de 200 000 euros. Le commissaire aux comptes avait relevé ce manque de contrôle en 2010. Mais la chambre, au vu de factures de 2011, s’interroge sur les suites données. La Socomix qui gère l’hôtel s’est donc engagée à remettre à jour les procédures de contrôle.

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