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Culture

Les quatre couleurs d’Anne B.Sollis

 

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10/09/2013

Cécile VIGNAU

Un questionnement sur notre perception du réel… C’est ce vers quoi tend la plasticienne Anne B.Sollis, à travers la série Moite, moite, moite, installée au musée de Guéthary jusqu’au 26 octobre. Après les interrogations de Roseline Delacour sur le réel et ce qui nous dépasse, Saraleguinea se fait cette fois l’écrin d’une œuvre qui interroge, intrigue, fascine, dérange, mais qui en aucun cas ne laisse indifférent.

Le processus

Les moyens et grands formats, souvent polyptyques et exclusivement réalisés au Bic quatre couleurs, sont un travail sur le rapport à la photographie. L’artiste dessine en effet d’après des impressions papier de photos, afin “d’éviter que les dessins ne subissent l’empreinte de la volonté de l’artiste”. Ici, ce qui compte avant tout, c’est le processus. Un processus qui relève de l’inconscient, du doute dans la relation à la photographie. Rien d’étonnant à ce qu’Anne B.Sollis prenne pour credo la phrase de l’artiste peintre allemand Gerhard Richter : “Ce qui me fascine est l’illogique, l’irréel, l’atemporel, le déroulement aberrant d’un événement logique, réel, humain, inscrit dans le temps et qui vous bouleverse.”

Les photos, trouvées dans des magazines, prises avec des téléphones portables, tournent généralement autour du corps. Anne B.Sollis les reproduit au Bic, souvent par fragments. De fait, alors que le Bic interroge la surface, se veut souvent synonyme de brouillon, fait souvent appel à l’inconscient – “comme lorsque l’on gribouille les coins d’une feuille ou d’un cahier au téléphone, dans un état de rêverie” –, le résultat donne lieu à des œuvres hyperréalistes du fait de l’origine photographique.

Des limites au Bic ?

Le Bic quatre couleurs, une contrainte pour l’artiste ? “Pas du tout, je ne vois pas ça comme une contrainte. Après, c’est une période, forcément à un moment donné j’arrêterai, j’en verrai les limites. Mais pas encore”, ajoute Anne B.Sollis. Elle y verrait plutôt des avantages : “Pas de palette, pas de choix, je vois, je dessine, pas le temps de penser.” Avec l’usage du Bic, Anne B.Sollis s’attache au travail du trait, qui peut varier suivant le papier photo, l’imprimante, bien que “cela ne soit pas du Bic au trait ; ce sont 1 000 traits pour faire une image”, précise l’artiste.

Et parce que le Bic, c’est aussi le détail, la précision, une fois ces éléments mis bout à bout, l’artiste s’intéresse au double impact, à savoir “la vision d’ensemble comme le détail”.

À noter qu’Anne B.Sollis a été jusqu’à faire du processus inconscient l’objet d’un mémoire (http://www.annebsollis.com/memoire).

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