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Culture

Le Black and Basque, transdisciplinaire avant tout

 

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03/09/2013

Cécile VIGNAU

“On a franchi un cap.” Jean-René Etchegaray, adjoint à la culture à la ville de Bayonne, et Christian Borde, alias Jules-Édouard Moustic, s’accordent quant à cette 3e édition du Black and Basque qui se profile à l’horizon. Un festival, rencontre des cultures afro-américaine et basque, qui prend ses marques : “On a réussi dans le sens où l’on n’a pas envie que cela devienne un gros festival. La Poterne est une bonne jauge, le choix se confirme de jour en jour”, étoffe Moustic, à l’initiative du festival. Les 6, 7 et 8 septembre, pas le temps de traîner des pieds, la Poterne accueillera les 6 000 premiers festivaliers. Et entre musique, cinéma, littérature, photo, arts graphiques, tout le monde y trouvera son bonheur, dénichera ses pépites, repartira avec ses coups de cœur. Qui plus est, les organisateurs prennent plus que jamais le parti pris de la transdisciplinarité, et amènent l’esprit Black and Basque au-delà du site de la Poterne. À commencer par les expositions au Carré. Zumeta, Anda, Gorriti, Ugarte, Sistiaga… Autant d’artistes emblématiques et représentatifs de l’art basque contemporain côtoient et dialoguent avec l’art tribal africain. “La force du regard, le règne végétal, l’abstraction imaginaire [...] sont quelques-uns de ces points de rencontre qui susciteront la réflexion, signeront les rapprochements et suggéreront la connivence en primitif et contemporain sur les chemins de l’art”, développent Inès et Michel de Jaureguiberry, auteurs et coordinateurs de l’exposition. Un catalogue a par ailleurs été édité, à 1 000 exemplaires, “pour passer des relais”. Les bénéfices seront reversés au profit d’un projet de jeunes : “Les projets doivent être présentés sur le site du festival. Les tontons plasticiens en choisiront un. C’est ça aussi le festival, on essaie de faire des ponts”, assure Christelle Vessot, organisatrice de l’événement.

Entre échange et partage

La réussite du Black and Basque, c’est avant tout le maillage, les rencontres qui se créent entre les artistes invités et les bénévoles. “Ce qui nous touche, ce sont les bénévoles”, assure Moustic. “Et plus que les artistes entre eux, c’est la connexion avec les Basques qui m’intéresse. Si ce festival pouvait rester sur ces découvertes, ces élans de partage, c’est génial”, ajoute l’auteur de Groland. Et le résultat est là, implacable : les 200 bénévoles récidivent, et les artistes eux-mêmes ne demandent qu’à revenir “pour l’accueil et la qualité de nos bénévoles”. Et aussi pour le Pays Basque. “On a réussi : les gens venus d’ailleurs se sont imprégnés de la culture basque et de ses problématiques”, conclut Moustic.

Toute la programmation et les renseignements sur www.blackandbasque.com.

À la médiathèque aussi

La médiathèque de Bayonne rejoint le projet Black and Basque, et avant l’heure. Deux conférences sont en effet proposées en amont autour de la musique et des arts. Dès ce soir à 18 h 15, Jean-Yves Roques croise les époques et les sons sur les traces des rencontres entre l’Europe et l’Afrique.

Demain même heure, ce sera au tour de Florent Mazzoleni de prendre le micro pour une sono-conférence singulière sur l’histoire des musiques africaines francophones. L’auteur d’ouvrages sur les musiques populaires abordera, musique à l’appui, les questions d’authenticité culturelle et de profondeur émotionnelle propres à la musique populaire africaine, entre tradition et modernité électrique.

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