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Pays Basque

Soule : une saison touristique atone ?

 

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28/08/2013

B. D.

“2013 sera une saison moyenne, comme 2012 ; mais pas aussi catastrophique que l’on veut bien le dire”, indique Chantal Gissagaïts,  directrice de l’office de tourisme de Soule. “Août est un bon mois pour le tourisme ; or, les trois premières semaines ne dérogent pas à la règle avec une forte affluence jusqu’à aujourd’hui”. Il s’agit d’un premier bilan intermédiaire portant exclusivement sur la Soule, mais il faudra attendre la fin de la saison afin d’établir une estimation générale, car, souligne Chantal Gissagaïts, “en principe, septembre et octobre sont de bons mois”.

La saison a débuté de bien mauvaise façon, principalement en raison du mauvais temps. “Le printemps et particulièrement le mois de juin ont été très mauvais : il a été marqué par des conditions climatiques exécrables et des inondations au pied des Pyrénées qui ont freiné la venue des touristes jusqu’en Soule”, explique Chantal Gissagaïts.

Reste que le beau temps ne fait pas tout. “En juillet, malgré une météo parfaite, nous avons constaté une baisse de fréquentation sur quasiment tous les hébergements”, ajoute Chantal Gissagaïts. Bien souvent, le début tardif des vacances scolaires est mis en avant. Néanmoins, “nous pointons surtout les incidences de la crise  de la consommation”.

Les points d’attraction

L’attractivité de la capitale souletine, Mauléon-Licharre, tient notamment aux espadrilles et aux visites d’ateliers. “Il faut tout de même ajouter les visiteurs venus passer la journée depuis la Côte basque, les Landes, ou encore les curistes de Dax et Salies-de-Béarn”, avance Chantal Gissagaïts. La Haute-Soule continue d’attirer grâce à sa nature luxuriante : “Kakueta, Holtzarte, la forêt d’Irati et les randonnées en montagne en général, sont des sites incontournables dont l’attractivité ne faiblit pas”.

Profil du touriste en Soule

Ce territoire semble essentiellement traversé par une clientèle de passage. Selon Chantal Gissagaïts, “en deux ou trois jours de séjour, ces personnes veulent faire un tour en Soule. Les réservations se font au dernier moment, d’où la nécessité d’être réactif”. Le profil type du touriste en Soule se caractérise par “une faible consommation, la recherche de produits de qualité, les velléités de contacts avec les producteurs”, résume la directrice de l’office de tourisme de Soule.

Enfin, “la baisse de fréquentation hexagonale est un peu compensée par la venue de clientèles étrangère, dont des Belges, Néerlandais, Scandinaves, voire Canadiens et Américains”. En revanche, la fréquentation des Basques du Sud est en très nette régression.

En conclusion ? “La Soule n’est pas une destination chère par rapport à la Côte, mais nous avons encore du mal à faire venir la clientèle jusqu’ici”, tranche Chantal Gissagaïts.

Le regard des professionnels du tourisme

Tous les acteurs et professionnels du tourisme pointent du doigt le mauvais temps. “Nous avons eu un printemps morose jusqu’à la fin juin : or, cela pèse négativement dans la balance”, rappelle Lysiane Filhol, du camping Ixtila de Larrau.
Pour Natacha Lombard, de l’Hostellerie du château à Mauléon-Licharre, “la saison n’a tout simplement pas été terrible”. Cette hôtelière enregistre une baisse de la fréquentation. “Mais, précise-t-elle, ce qui nous touche le plus durement c’est la chute du ticket moyen”. Si la fréquentation dans ce restaurant se maintient à peu près au niveau de 2012, le chiffre effectué est en baisse. “C’est dû, à mon sens, aux répercussions de la crise économique. On sent bien que les gens font plus attention à ce qu’ils consomment”, poursuit-elle.
En revanche, certains sites touristiques sont parvenus à redresser la barre au mois de juillet, comme les gorges de Kakueta: “à la fin du mois de juin, on comptait 1600 entrées de moins qu’en 2012 ; or, à la fin juillet on enregistrait 508 entrées de plus qu’en 2012. Autrement dit, on a gagné 2000 entrées en un mois”, souligne Alain Aguiar, maire de Sainte-Engrâce. “Reste à voir les chiffres du mois d’août”.

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