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Pays Basque

Volontaires pour aller en prison à la place de Nahikari Otaegi incarcérée avec sa petite fille

 

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22/08/2013

Béatrice MOLLE

“Je suis prêt(e) à purger les jours de prison qui restent à accomplir à Nahikari Otaegi au quartier des mères, en effectuant des tours, afin qu’elle puisse vivre sa maternité aux côtés de son fils et de sa petite fille.” C’est la première phrase d’une pétition en forme de manifeste que l’on peut trouver et signer sur nahikariaske.wordpress.com. en solidarité avec la prisonnière basque Nahikari Otaegi incarcérée avec Oihana sa petite fille de sept mois. Manifeste intitulé “Amatxo zer da kartzela?” (“Maman qu’est ce que c’est la prison?”) signé par des centaines de personnes du Pays Basque Sud et Nord et d’autres contrées, s’auto-inculpant de fait. Rappel des faits : Nahikari Otaegi est une jeune ex-militante de Segi mère de deux enfants (Ekaitz trois ans et Oihana sept mois) condamnée par la justice espagnole à six ans de prison pour appartenance au mouvement de jeunes indépendantistes Segi, aujourd’hui dissous.

Ce mouvement était considéré comme organisation “terroriste” dans l’Etat espagnol depuis 2007. La jeune femme a déjà fait un an et demi de prison préventive et était libre depuis 2009. En avril 2013 la sentence rendue en appel l’a condamnée ainsi que huit autres militants à quatre ans et demi de prison.

En prison avec sa fille

Nahikari Otaegi vivait en famille avec son compagnon et père de ses deux enfants à St-Jean-de-Luz en toute légalité et tranquillité, et s’est présentée fin avril avec sa petite fille de 7 mois à Donostia afin d’accomplir sa peine. D’abord incarcérée à Madrid au quartier des mères, elle a été transférée début août à la prison de Valencia. Un changement ajoutant des kilomètres aux difficultés pour les visites de sa famille.

Nous avons joint Aitor Mokoroa qui vit toujours à  St-Jean-de-Luz avec leur fils aîné. Celui-ci

ne peut se rendre sur le territoire espagnol étant réfugié politique : “ce changement de prison est très perturbant, nos familles avaient loué un petit pied à terre à Madrid

pour les visites. Nous avons instauré un système de garde alternée. Une semaine sur deux j’ai avec moi ma fille Oihana qui l’autre semaine est en prison avec sa mère. Notre fils de trois ans allait aussi à Madrid voir sa mère et sa soeur. Ce transfert de la prison de Madrid vers celle de Valencia complique la situation, cela veut dire plus de kilomètres et nous devons encore penser à une nouvelle organisation” explique Aitor Mokorea dénonçant cet état de fait comme les volontaires qui se proposent de faire la peine de Nahikari Otaegi. Au-delà de cette proposition, les signataires dénoncent en premier lieu la politique de dispersion des Etats français et espagnols et le manque de structures adéquates dans les prisons pouvant accueillir les parents prisonniers et leurs enfants. Par ailleurs, une troisième revendication porte sur la situation politique actuelle et sur un nécessaire “changement du fonctionnement  des institutions pénitentiaires et juridiques” en phase avec le nouveau temps politique.

Selon une liste publiée par le collectif Etxerat, sept prisonnières basques sont incarcérées avec leurs enfants en bas âge : six dans l’Etat espagnol, une à la prison de Roanne. “Si Nahikari pouvait accomplir sa peine à Donostia, cela serait différent” lance son compagnon.

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