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Pays Basque

Six mois encourageants pour Lurzaindia

 

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11/07/2013

Carole SUHAS

Lurzaindia n’a pas perdu son temps. La société dirigée par un collectif associatif s’est portée candidate, depuis janvier dernier, sur sept ventes foncières où des terres agricoles étaient menacées de perdre leur vocation. Le tout grâce à la collecte de 150 000 euros sur les 370 000 que Lurzaindia s’était fixés comme objectif pour 2013, via des dons de partenaires, d’entreprises, d’associations ou d’individus.

Trois de ces ventes, une dans chaque province du Pays Basque Nord, représentent déjà une victoire pour les membres de Lurzaindia, issus du syndicat ELB, de la fédération Arrapitz, d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara et de l’Inter-Amap. Le rôle de cette société en commandite par action (SCA) est d’intervenir auprès de la Safer, Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, pour que les terres agricoles ne soient pas vendues à des “non-agriculteurs” et éviter ainsi qu’elles ne perdent leur fonction de “terre nourricière”.

Exemple à Saint-Étienne-de-Baïgorry, où Lurzaindia est intervenu pour la première fois. “Deux hectares de landes, valorisables uniquement comme parcours pour les troupeaux et pourtant indispensables au système agricole, avaient été mis à la vente à un prix totalement déconnecté des possibilités de valorisation agricole”, explique Marie-Christine Elizondo, présidente de Lurzaindia, qui a alors demandé à la Safer de préempter le terrain avec révision du prix. Résultat ? “La Safer a réduit de 75 % le prix des terres.”

Soutien des collectivités locales

Pour Lurzaindia, ce travail, qui se passe en intelligence avec la Safer, permet de préserver les terres agricoles et surtout de limiter la spéculation et de défendre les paysans. Car ce que veut éviter Lurzaindia à tout prix, c’est que les tarifs exorbitants affichés par les vendeurs ne deviennent la norme et ne réduisent à néant tout espoir pour un jeune agriculteur de s’installer.

Dans cette bataille incessante, Lurzaindia a acquis le soutien de collectivités locales à l’instar de la commune de Camou-Cihigue en Soule, qui a voté une motion le 25 avril dernier sur une vente de ferme “à un prix exorbitant”. Le conseil municipal, à l’unanimité, a affirmé soutenir Lurzaindia “dans son intervention en demande préemption avec contre-offre de prix auprès de la Safer”. Pour Mattin Etxekopar, membre d’ELB, ces soutiens sont synonymes d’une prise de conscience salutaire. “La Safer et les collectivités locales se rendent compte que l’installation de jeunes agriculteurs est préférable à l’extension systématique de certaines exploitations. C’est aussi une solution pour lutter contre la désertification des villages et des campagnes.”

Droit de préemption et prix revus à la baisse

Lurzaindia est un moyen pour les candidats à l’installation sur des terres agricoles, mais qui n’ont pas les moyens de s’accorder au prix affiché lors de la vente, de faire valoir un droit de préemption et de contre-offre. La société qui a un ou deux candidats à présenter à la Safer, en concertation avec les différents syndicats agricoles – au Pays Basque FDSEA et ELB – alerte la Safer en cas de vente spéculative ou de détournement de l’utilisation de la terre et fait valoir la possibilité d’installation ou de maintien de l’activité agricole.
“Dans neuf cas sur dix, la Safer suit les préconisations de Lurzaindia”, précise Mattin Etxekopar. Dans une grande majorité de cas, le prix est revu à la baisse de 25 à 75 %. Lurzaindia achète alors le terrain et prend sous son égide l’agriculteur choisi à qui elle louera à bas prix les terres. “À terme, nous aimerions assister à une moralisation des prix”, explique M. Etxekopar.

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