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Pays Basque

Les exilés basques prennent la parole

 

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28/05/2013

Giuliano CAVATERRA

Le 15 juin prochain à la halle d’Iraty de Biarritz aura lieu un meeting peu commun. Ce jour-là, en effet, le collectif des exilés basques devrait y faire “un apport politique en faveur de la résolution du conflit”. C’est ce qu’ont annoncé samedi devant la cathédrale de Bayonne des personnalités de divers horizons. Ces dernières, qui se présentent comme “protectrices” de l’événement, veulent propager un “souffle de la solidarité”.

Le Collectif des exilés et déportés basques est composé de plusieurs centaines de personnes réparties à travers le monde. Depuis la conférence pour la paix d’Aiete et l’arrêt de la lutte armée par ETA, ils ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de participer au processus de paix en cours et de pouvoir vivre librement au Pays Basque. C’est dans ce cadre qu’ils prendront la parole le 15 juin prochain, une parole qui devrait constituer une étape importante pour la consolidation de ce processus. La prise de parole sera suivie d’une journée festive avec repas et concerts.

Réfugiés, exilés, déportés… Le collectif regroupe la plupart des centaines de personnes ayant fui leurs villes et villages d’origine au Pays Basque Sud pour des raisons liées au conflit violent qui a secoué le Pays Basque ces 50 dernières années.

Plusieurs générations se côtoient dans le collectif puisque certains sont partis sous le franquisme quand d’autres l’ont fait plus récemment, après l’interdiction de mouvements politiques indépendantistes dans l’État espagnol ces dernières années.

Les membres du collectif se trouvent dans des situations très diverses. Certains sont assignés à résidence, d’autres vivent une vie publique “normale” en Europe ou en Amérique latine, mais sont sans-papiers. D’autres encore ont été déportés dans les années 1980. Ces derniers vivent en Afrique ou aux Caraïbes dans une situation judiciaire complètement floue. À l’époque, leur assignation dans les pays où ils vivent a été le fruit d’accords entre États et depuis, ils ont été comme “oubliés”.

Plusieurs dizaines d’entre eux avaient déjà rejoint le Pays Basque Nord en 1995 et avaient à l’époque jeûné dans la cathédrale de Bayonne. C’est pour cela que la conférence de presse de samedi a eu lieu symboliquement devant la cathédrale.

Une liste de protecteurs

C’est en raison de la précarité de leurs situations que des personnalités de divers horizons ont décidé de leur offrir leur protection et appeler à propager un “souffle de solidarité” autour du collectif. Le 15 juin à Biarritz, donc, mais aussi à plus long terme puisque la volonté des exilés est de revenir au Pays Basque.

Parmi une liste de premiers “protecteurs”, on retrouve les syndicalistes Erregina Dolosor et Claire Cellan, l’élue communiste luzienne Yvette Debarbieux, le maire de Laguinge-Restoue, Ruben Gomez, le membre du NPA Claude Larrieu, le porte-parole du Cade, Victor Pachon, et l’avocate et membre de la Cimade Laurence Hardouin. Les prêtres Mikel Epalza et Frantxua Garat font partie de la liste, ainsi que des élus et anciens élus bretons. On retrouve aussi des militants abertzale de différentes tendances et générations comme l’élu biarrot Jakes Abeberry, Jean-Noël “Txetx” Etcheverry et Dominika Aguerre. Et bien sûr les membres de l’association Anai Artea, dont l’objet initial fut justement l’aide aux “réfugiés” basques.

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