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Pays Basque

Nuisances et manque de précautions sur le site Marinadour, selon le Cade

 

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10/05/2013

Béatrice MOLLE

Ideal est une association environnementale faisant partie du Cade (Collectif d’associations pour la défense de l’environnement) qui souhaite informer de nuisances détectées sur le chantier du site Marinadour aménagé par le promoteur Kaufman et Broad, situé rive gauche de l’Adour au rond-point du pont Grenet à Bayonne.

Selon les associations Cade et Ideal, qui ont observé le déroulement des travaux mardi 7 mai à 15 heures, “on manipule les terres les plus contaminées, polluées par le benzène et autres sous-produits de la distillation du gaz de houille, xylène, toluène. Les travaux sont effectués sans précautions particulières alors que ces produits sont toxiques, reconnus cancérogènes par l’Union européenne. Ils sont notamment dangereux pour les voies respiratoires et peuvent provoquer des irritations oculaires et cutanées. Les fiches toxicologiques les concernant sont édifiantes”.

Un constat que nous n’avons pas pu contraster avec les promoteurs incriminés, la journée d’hier étant fériée et la permanence à Paris nous dirigeant vers Bayonne où les bureaux étaient fermés. Le président d’Ideal, Pierre Boccardo, que nous avons contacté, nous a assuré s’être rendu sur le site et notamment chez une habitante de la cité Balichon, Aracelli San Juan, qui s’était plainte de “nuisances olfactives” et de “vapeurs entêtantes” ainsi que de “difficultés respiratoires”. “Nous avons pu constater”, assure Pierre Boccardo, “une odeur prégnante et putride qui s’insinuait partout dans son appartement.”


“L’Acba informée”

Selon l’association Ideal, le Cade avait informé en temps utile l’Acba (Agglomération côte basque-Adour) et la Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) que les ouvriers travaillant sur le site n’étaient équipés “d’aucune protection individuelle”.

L’ARS (agence régionale de santé) et les services hygiène et sécurité de la mairie de Bayonne auraient aussi été avisés, toujours selon le Cade. “Ils ont botté en touche dans une belle unanimité”, constate-t-il, informant que le représentant de l’ARS avait déclaré que “ces travaux ne dureraient qu’une quinzaine de jours”. Face à cette situation, le Cade demande “instamment l’arbitrage des autorités responsables”. Et propose de reloger provisoirement les habitants “dans un bon hôtel de la côte basque sur le compte de Kaufman et Broad”.


“Une ancienne usine à gaz”

Si aujourd’hui l’expression “usine à gaz” est trivialement employée pour désigner une activité inexistante, jusque dans les années 1930, des usines à gaz existaient dans tout l’État français. Et une partie du site Marinadour est précisément implantée sur la surface d’une ancienne usine à gaz, nous explique Pierre Boccardo : “On fabriquait du gaz de houille utilisé pour alimenter le réseau de la ville. Il y en avait dans toute la France, ce sont d’anciens sites qui appartenaient à EDF. D’où l’appellation à Biarritz d’un quartier que l’on nomme ‘le quartier du gaz’, en référence sûrement à cette installation.”

Le Cade avait déjà fait part de ses inquiétudes

Le site de la mairie de Bayonne informe que Marinadour est un ensemble immobilier comprenant 145 logements libres (Kaufman et Broad), 78 logements sociaux (Domofrance), 17 logements en accession sociale et 6 180 m2 de surface commerciale.

Un second îlot commercialisé par Eiffage comprend 84 chambres pour l’hôtel Okko, 83 logements pour une résidence senior, 30 logements libres, 47 logements sociaux et des bureaux. Les maîtres d’ouvrage sont l’Agglomération côte basque-Adour (Acba) pour les espaces publics, Kaufman et Broad et Eiffage pour les promotions immobilières, et Frey pour la surface commerciale. “L’enjeu est de remettre le piéton et les vélos au cœur de ces aménagements, avec notamment la réalisation d’un passage inférieur pour des traversées sécurisées”, est-il souligné dans la plaquette de présentation.

Déjà en 2011, le Cade dénonçait le fait que l’un des trois lots connaissait encore “une contamination lourde”. Toujours selon l’association de défense de l’environnement, le groupe Kaufman et Broad avait alors “pris en charge” les terres polluées sur “ces seules parcelles 144 et 145 en parties polluées”. Mesure qualifiée de “distanciation” par le Cade et qui n’avait pas semblé le convaincre.

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