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Pays Basque

L’agriculture paysanne, biologique et équitable fait son marché à Bayonne

 

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10/05/2013

Carole SUHAS

Le MEB est ce samedi à Bayonne. Pour ceux qui ne seraient pas des fondus de l’équitable et du bio, le Marché équitable de Bayonne pourrait bien être une révélation. Ses organisatrices l’espèrent en tout cas.

Installé depuis quatre ans sur le parking de Glain, le MEB est le rendez-vous annuel du petit monde – qui ne demande qu’à grandir – de l’agriculture paysanne et de l’artisanat équitable. “L’idée est née à l’occasion d’un forum social en 2005, où l’on s’est dit que plutôt que d’être concurrence, nous allions travailler ensemble”, explique Chantal Torre, membre de l’association Han eta Hemen, l’une des premières à s’être lancées dans l’aventure.

Marché qui privilégie le local, le MEB est aussi un moment de réflexion sur notre rapport à la consommation. Le commerce équitable est né de l’idée de défense des paysans des pays dits du Sud, exploités pour produire des aliments à bas prix pour les consommateurs du Nord. “On défend les producteurs boliviens de quinoa, mais pourquoi pas défendre les petits paysans locaux ?”, s’interroge alors Chantal Torre.

Du bienfait des Amap

C’est de cette nouvelle réflexion amorcée au sein du mouvement équitable qu’est apparue comme naturelle l’idée d’une collaboration avec l’Inter-Amap du Pays Basque. Les Amap, ou association pour le maintien de l’agriculture paysanne, ont poussé un peu partout au Pays Basque et concernent aujourd’hui quelque 1 200 foyers et 85 paysans. Les 27 Amap du Pays Basque assurent un lien direct entre paysan et consommateur, par le biais d’un panier donné de la main à la main.

“C’est là que l’on retrouve l’idée de commerce équitable, c’est-à-dire qu’on se met d’accord pour que le paysan puisse vivre correctement et que son activité soit sécurisée”, explique Isabel Capdeville, représentante de l’Inter-Amap. “100 % des maraîchers, qui subissent plus que les autres les aléas climatiques, te diront que s’ils n’avaient pas eu d’Amap, ils auraient disparu”, affirme-t-elle.

Depuis l’an dernier, l’Inter-Amap s’est liée avec le MEB pour sensibiliser de nouveaux venus aux bienfaits du lien direct. “Le consommateur doit comprendre que ce n’est pas si facile que cela pour le paysan. L’Amap a pour avantage de remettre les choses à leur place : ce n’est pas en claquant des doigts que l’on a tel ou tel aliment. Il faut surtout savoir donner un juste prix aux choses”, poursuit Isabel Capdeville.

L’image de la grande consommation et de l’apparence “bon marché” qu’elle donne aux aliments est mise à mal par l’Amap, à en croire ses défenseurs. “Les gens témoignent qu’ils font des économies parce qu’ils redécouvrent des aliments naturels qui n’ont pas besoin qu’on leur ajoute plein de choses”, sourit Isabel Capdeville.

Au-delà de l’aspect consommateur/producteur, L’Inter-Amap s’est également mis en tête, en collaboration étroite avec l’association Lurzaindia, de militer contre la spéculation des terres agricoles. “Notre logique est aussi de trouver de la terre à mettre à disposition pour que les paysans puissent cultiver”, confirme la convaincue du panier.

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