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Culture

Les Éthiopiques de mars, “une histoire de ponts culturels”

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07/03/2013

Cécile VIGNAU

C’est parti pour une nouvelle édition des Éthiopiques de mars, de retour avec l’arrivée du printemps. Un printemps propice à la création et aux rencontres artistiques… L’association Ezkandrai, sous la houlette de Beñat Achiary, propose une semaine riche en découvertes du 15 au 23 mars prochains, prenant pour thématique “Le printemps des solidarités”. En attestent les 150 musiciens participant aux Éthiopiques, regroupant pas moins de trois générations.

À Tarnos et Boucau

Et une édition qui va avec son lot de nouveautés, à commencer par le lieu. Alors que l’événement se déroule traditionnellement en terre bayonnaise, les rencontres artistiques iront visiter les communes de Boucau et Tarnos. “On essaie d’aller vers les gens, de sortir des sentiers battus”, réaffirme Beñat Achiary. Une initiative, certes, non sans lien avec la pastorale urbaine en préparation Gerezien denbora, ou l’histoire des Forges de l’Adour, sur un texte d’Itxaro Borda. Le projet devrait voir le jour en 2014… sur le port de Bayonne. En attendant, pas de répit, les dizaines d’artistes mobilisés “approfondissent ce trésor de la culture basque plongé dans l’histoire de la sidérurgie”, étoffe le directeur artistique des Éthiopiques. La thématique des solidarités prend donc ici tout son sens : “La saga des ouvriers des Forges nous enseigne un quotidien chaleureusement illuminé par la solidarité.” Et la programmation va de pair. On notera entre autres des échanges d’expériences sur les jardins en ville, une “soul-fandango-soupe-coopérative”. Une initiative singulière où les participants sont invités à amener économes, stylos, espadrilles et légumes devant la Chayotte. Un rendez-vous symbolique pour lutter contre le gaspillage.

Les concerts, le cœur du festival, seront présents à profusion dans des lieux toujours plus insolites : boulangeries, musées, halles… Artistes du monde, dialogues entre la culture basque et les cultures du monde, les Éthiopiques confirment leur stature de “pont, de créateur de liens”. Et ça réveille.

Pour tous les renseignements autour de la programmation, se reporter au site Internet www.ethiopiques.fr.

Henry Bauchau, le fil conducteur

Poète, dramaturge, psychanalyste et romancier belge, Henry Bauchau s’éteignait l’an passé. Il aurait eu 100 ans cette année. L’association Ezkandrai choisit de lui rendre un hommage. Les midis du festival seront donc rythmés par la lecture musicale d’Antigone, à la médiathèque de Bayonne. Une Antigone que le dramaturge présente lumineuse, le psychanalyste qui “marchait aux côtés d’Œdipe sur les voies tenant à la fois le journal d’Antigone, celui des humains et le bâton de l’aveugle” : “Antigone n’est pas un personnage de tragédie, mais de roman. Elle n’est pas la femme d’un acte, d’un débat, d’un refus. Elle est la femme d’un monde nouveau, qui, à travers une longue initiation, trouve le courage d’agir et de penser sans modèle.” Et ils seront nombreux à venir partager ces lectures, danse et chant. On notera Linda Ellook, Laure Mollier, Mylène Charrier, Fabien Nogué, Marc Lafaurie, Jean-Philippe Leremboure, Lucie Augeai, Beñat Achiary, Ilhame Ellook.

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