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Culture

La Compagnie Artizans, un théâtre de “réappropriation” au cœur du territoire

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05/12/2012

Cécile VIGNAU

”Ici, nous ne sommes pas au théâtre, ici on ne joue pas. C’est juste un Je, J-E”. Elie Briceno et Isabel Patinha proposent un théâtre du peuple pour le peuple, un théâtre où la création s’inscrit au cœur du territoire. Ils sont actuellement en résidence de création artistique à Nekatoenea à Hendaye, sur le domaine d’Abbadia. Une semaine par mois, et jusqu’en mai prochain, ils vivent et travaillent sur ce territoire. Pour aboutir à la création “Peuple, Pueblo, Herria” qui sera présentée lors de la prochaine édition du Mai du Théâtre. 

 Parallèlement, Eric Dicharry suit les Artizans dans leur quotidien, se penche sur le processus  créateur et écologique de la troupe. “J’entends par processus écologique le contexte de création, de fabrication et de réception” explique l’anthropologue. Et en effet, pour ce projet, le thème de la frontière et de l’exil est naturellement apparu sur le devant. “Ce qui m’a frappé dès notre arrivée, c’est la présence des trois langues, cette cohabitation.  Je travaille autour de l’identité réelle d’un territoire” étoffe Elie Briceno. Néanmoins, l’auteur tient à ajouter: “Il faut arrêter de se raconter de soi à soi. Je pars d’une identité, mais pour mieux faire émerger une universalité. Comment la réalité ici telle qu’elle est peut concerner une politique des frontières en Bosnie, par exemple?” Et afin de mener à bien leur projet, Elie et Isabel donnent la parole aux habitants, ces “organes vivants du territoire”. Un collectage représentatif de la réalité sociale et culturelle. À partir de ces paroles collectées, Brice effectue un travail d’auteur, qui sera plus tard interprété par Isabel. “La parole de chacun a une valeur. La seule valeur d’espérance qui soit. Le rôle d’un artiste est de réinjecter du vivant, de l’organique, de l’autonomie de pensée. Voilà la raison pour laquelle on est là aujourd’hui et pourquoi j’y crois encore” explique Elie.

Et quant à appréhender le projet aux côtés d’un anthropologue? “On ne s’était pas posé la question du pourquoi. Eric met des mots là où l’on n’en mettait pas. Certaines choses reviennent et nourrissent notre travail” exprime Isabel. Pour découvrir ce duo d’Artizans, rendez-vous ce jeudi à 19 heures au bar Muga à Behobie.

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