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Pays Basque

Les conditions de l’interpellation encore floues

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07/11/2012

Antton ROUGET

Les proches d’Aurore Martin n’accordent aucune valeur à la version officielle concernant l’interpellation de la militante de Batasuna et sont déterminés à démontrer qu’elle ne concorde pas avec la réalité des faits.

“Nous ne croyons pas à un contrôle fortuit.” En réaction aux déclarations de Manuel Valls, parents, sœur et amis de la militante de Batasuna interpellée, jeudi 1er novembre, par la gendarmerie et remise le soir même aux autorités espagnoles, ont diffusé, lundi, un communiqué de presse dans lequel ils affirment que Manuel Valls est un “menteur”.

Dans une contre-offensive médiatique après trois jours de mutisme, le ministère de l’Intérieur avait martelé, à travers deux entretiens accordés aux quotidiens Sud Ouest, dimanche, et Le Parisien Aujourd’hui en France, lundi, que le contrôle de gendarmerie au cours duquel Aurore Martin a été interpellée était un contrôle d’alcoolémie inopiné et qu’il n’était intervenu en rien dans l’opération.

Un appel à témoin

“Plusieurs témoignages nous sont parvenus qui attestent qu’au moment de son arrestation d’autres contrôles de gendarmerie ont eu lieu sur le chemin de retour que devait emprunter Aurore” : les proches de la militante de Batasuna ont ainsi lancé un appel à témoin pour recenser les “mouvements inhabituels sur les axes Mauléon-St Michel et Mauléon-Hasparren durant la journée du 1er novembre et plus précisément entre 15 heures et 17 heures”.

Les témoignages peuvent être adressés au 0787769265 ou à l’adresse mail suivante martinfamilia.eh@gmail.com.

“Je suis passé une première fois, jeudi 1er novembre, à 11 heures et j’ai vu qu’il y avait déjà les gendarmes à la sortie de Garindein. L’après-midi, vers 15 h 30, ils étaient armés et ne faisaient pas de contrôle d’alcoolémie”. Pour Clément Soulé, il n’y a pas de doute : “ils attendaient Aurore alors qu’il n’y avait personne sur la route”.

Gisèle Lougarot a elle aussi témoigné de sa surprise : en arrivant de Garindein, elle a vu trois fourgonnettes et une voiture de gendarmes : “les agents qui discutaient sur les terre-pleins”. “Je me suis dit que ce n’était pas un simple contrôle d’alcoolémie” conclut-elle.

Une vie on ne peut plus publique

“Depuis le 18 juin 2011, date à laquelle elle est revenue à la vie publique lors d’un meeting politique à Biarritz, elle [Aurore Martin, ndlr] vit normalement au vu et su de tout le monde.” Face aux discours faisant état d’une vie “clandestine” ou dans la “semi-clandestinité”, les proches d’Aurore Martin ont aussi diffusé plusieurs éléments prouvant que la militante menait une vie parfaitement publique jusqu’à son interpellation.

Une carte grise faite à la sous-préfecture de Bayonne le 11 septembre 2012, une demande de RSA validée le 22 octobre 2012 [dossier déposé le 18 octobre 2012], ou un document d’inscription à Pôle Emploi en date du 25 avril 2012 : toutes ces démarches administratives révèlent, en effet, que la militante souletine ne vivait pas cachée depuis sa réapparition en public le 18 juin 2011.

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