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Pays Basque

Stupéfaction générale au Pays Basque

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03/11/2012

Antton ROUGET

Le décor est planté : jamais une décision n’aura engendré une telle réaction au Pays Basque.

Partis politiques de l’ensemble de l’échiquier, associations, syndicats, personnalités reconnues, etc. : l’onde de choc déclenchée par la première application du Mandat d’arrêt européen (MAE) à un militant abertzale du Pays Basque nord a parcouru le territoire en long en large et en travers. “Cette nouvelle opération montre la parfaite entente entre la France et l’Espagne.” Seuls les ministères de l’Intérieur français et espagnol se sont, dans un communiqué de presse diffusé dès jeudi soir félicités de l’arrestation d’A. Martin. Pour le reste, c’est indignation et vive condamnation.

Surpris par l’interpellation de la jeune militante, les élus du Parti socialiste ont réagi, hier, en diffusant un communiqué de presse, dans lequel ils condamnent la “mise à exécution de ce MAE” et réclament le “retour immédiat” d’Aurore Martin au Pays Basque nord. Les parlementaires S. Alaux, C. Capdevielle et F. Espagnac, les conseillers régionaux M. Bergé, et F. Maitia, les conseillers généraux M-C. Aragon, A. Villeneuve, H. Etcheto, K. Ecenarro, C. Martin et G. Mondorge, les députés suppléants J. Maitia et S. Piveteau ou encore les maires J. Espilondo, B. Lougarot et le maire adjoint de Biarritz G. Lafite (PRG) : cette fois-ci personne ne manque à l’appel. Plusieurs d’entre eux ont participé au rassemblement de protestation organisé, hier soir, à Bayonne. Le sénateur et président du Conseil général, G. Labazée y est lui aussi allé de son communiqué “regrettant une telle décision précipitée au moment où beaucoup de citoyens (...) mettent tout en œuvre pour trouver les voies pacifiques d’un règlement définitif.”

La droite et le centre attaquent

“Je tiens à réaffirmer mon indignation et ma grande inquiétude.” A l’image du secrétaire départemental de l’UMP, M. Brisson, les représentants de la droite et du centre ont réaffirmé leur opposition à l’arrestation d’Aurore Martin. Le conseiller général biarrot en a aussi profité pour tacler les élus socialistes et “leurs beaux discours qui, en l’absence de clarification, s’apparentent à du cynisme voire du machiavélisme.” Alors que le sénateur centriste J-J. Lasserre avait fermement dénoncé l’interpellation d’Aurore Martin, dès jeudi soir, M. Veunac, délégué départemental du MoDem, a lui considéré que l’application du MAE “ne peut être ressentie que comme l’expression la plus aveugle et la plus absurde de la raison d’Etat, comme une provocation et enfin comme un alignement total de Paris sur Madrid.”

Europe Ecologie Les-Verts Pays Basque et le député N. Mamère (présent au rassemblement de St Jean-Pied-de-Port) le Parti communiste français 64, le Nouveau parti anticapitaliste, les Amis de Karl Marx, la fédération Régions et peuples solidaires : la grande majorité des partis de gauche a condamné la remise aux autorités espagnoles de la militante de Batasuna.

L’onde de choc a aussi rapidement franchi les Pyrénées. Le Parti nationaliste basque (PNV), récent vainqueur des élections dans la communauté autonome basque, a fermement dénoncé l’arrestation d’Aurore Martin en espérant “qu’il s’agit de la dernière”.   

 L. Mintegi, chef de file d’EH Bildu, a indiqué que l’application du MAE “ne se tient ni juridiquement ni politiquement”. Hier, seuls le Parti populaire et le Parti socialiste d’Euskadi sont restés silencieux  sur la question.    “Ces faits ne peuvent que décrédibiliser le travail des élus, désespérer notre jeunesse et tous ceux qui ont l’espoir de l’instauration d’une paix durable.” Dans un communiqué dans lequel il appelle à manifester le 10 novembre à Bayonne, le Biltzar des maires du Pays Basque s’est dit “atterré” par l’arrestation d’Aurore Martin. La Cimade, les syndicats ELA, LAB, CFDT Pays Basque, CGT64, FSU 64, Bizi! : tous ont condamné la situation à l’instar de l’association Anai Artea ou du Comité pour la défense des droits de l’Homme en Pays Basque.

M. Rajsfus (observatoire des Libertés Publiques) ou encore M. Bonduelle (Syndicat de la Magistrature) ont exprimé leur inquiétude après la remise aux autorités espagnoles d’A. Martin.

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