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L'opinion - Tribune Libre

Jon, Aurore et les autres…

03/11/2012

Michel BERGER

Coprésident du Comité pour la Défense des Droits de l'Homme en Pays Basque

La nouvelle est tombée comme un couperet : Aurore Martin a été remise aux autorités espagnoles !

Acharnement du ministre de l’Intérieur qui refuse de répondre aux sollicitations démocratiques du Pays Basque.

Cette décision suicidaire d’un gouvernement en difficulté vient renforcer les conditions du rassemblement appelé par Herrira, prévu le 10 novembre 2012 à Bayonne.

Le CDDHPB (Comité pour la défense des roits de l'Homme en Pays Basque) s’était déjà associé pleinement à cette mobilisation populaire pour les prisonniers, les exilés, et en vue de promouvoir le dialogue de la paix au Pays Basque.

Il y a un an, le 20 octobre 2011, après plus d’un demi-siècle de combat, ETA acceptait les exigences de la conférence d’Aiete en renonçant définitivement à la lutte armée pour permettre d’engager un processus de paix au Pays Basque respectueux des droits de la personne et des peuples.


Le dialogue n’est pas programmé

Depuis, les élections municipales, législatives et autonomiques de 2011 et 2012 ont conféré à l’ensemble des forces abertzale en Hegoalde une réelle légitimité à devenir des interlocuteurs incontournables.

Aujourd'hui rien n’empêche que le dialogue puisse être très rapidement entamé avec toutes les composantes démocratiques.

Cependant rien n’est encore programmé en Espagne… et encore moins en France !

L’alignement incompréhensible du pseudo-pays des droits de l’homme sur ce refus déloyal renforce encore plus l’entêtement de l’Espagne qui se sent soutenue et cautionnée.

A cet accompagnement le ministre de l’Intérieur français ajoute l’arrogant mépris vis-à-vis de la majorité des élus basques, de la société civile toute tendance confondue, et de leurs travaux pour une meilleure gouvernance collective de leur territoire, en faisant un amalgame absolument indigne.

Dire qu’aucune attention ne sera prêtée à leur souhait tant que ETA n’aura pas déposé les armes, comme le demande l’Espagne, est une offense qui donne à penser que la politique en Iparralde se décide à Madrid !

A ce mépris s’ajoute une nouvelle provocation, celle de la remise d’une citoyenne française à l’Espagne dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen pour des raisons politiques !

Le sort des exilés


Pendant ce temps, de part et d’autre, des prisonniers basques attendent les actes de justice que tout Etat est en devoir de remplir : rapprochement de leur famille, libération immédiate en cas de maladie grave ou en fin de vie, suppression des régimes d’exception… Le récent rejet de la 3e demande de libération de Ion Parot est un exemple de plus de cet acharnement répressif du pouvoir français !

Il serait temps aussi de régulariser la situation des nombreux Basques exilés par force et de tous ceux qui sont encore sans papiers dans leur propre pays !

C’est à ce prix qu’un dialogue deviendra porteur d’espoir, encore faudrait-il que les Etats aient la volonté de prendre le chemin de la paix par le respect, la justice et la réconciliation.

inprimatu