RSS
Index > Edition papier > Pays Basque

Pays Basque

L’Etat poursuit son bras de fer avec le collectif Handik

p006_01.jpg

02/11/2012

Antton ROUGET

Le marathon judiciaire se poursuit mais le collectif Handik ne s’essouffle pas. “On est des coureurs de fond” prévient Ladix Lanougère-Arrossagarai, membre du regroupement d’associations de parents, amis et personnes en situation de handicap.

Quatre ans après la première plainte déposée par Handik qui réclame un meilleur accompagnement des élèves en situation de handicap, le ministère de l’Education nationale, une nouvelle fois condamné, a décidé de se pourvoir en cassation.

Après avoir déposé un recours contre une condamnation du Tribunal administratif en juillet 2011, le ministère conteste, cette fois, la décision rendue, en juillet 2012, par le tribunal administratif (TA) de Bordeaux. À deux reprises, les tribunaux ont considéré que la contractualisation d’emplois de vie scolaire (EVS) pour garantir l’accompagnement d’élèves handicapés à la place d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) était inadaptée.

Déjà condamné par le TA de Pau en mai 2010 pour ne pas avoir créé de nouveaux postes d’AVS alors que plusieurs enfants n’étaient pas accompagnés, le rectorat aurait, selon le collectif Handik, systématisé le recours aux contrats aidés EVS dont la durée est plus courte que les contrats AVS (renouvelable tous les six ou neuf mois dans la limite des vingt-quatre mois alors que le contrat AVS est renouvelable chaque année dans la limite de six ans).

Contractualisation sur des périodes limitées, financements “sans cesse attaqués”, etc. : Handik plaide en faveur d’une “professionnalisation” des AVS. Une revendication à l’opposé, pour le collectif, de la “politique de la rustine” qui vise à multiplier les types de contrats. Et puis, Handik évoque aussi l’aspect social : sans professionnalisation, les assistants sont “payés au lance-pierres” et “utilisés comme des kleenex sans débouchés de carrière”.

La “schizophrénie de l’État”

“Ce qui nous révolte vraiment c’est l’attitude de l’Etat” développe Ladix Lanougère-Arrossagarai. “D’un côté il attaque toute décision qui nous est favorable et à côté de cela, à Paris, il vient de créer un groupe de travail pour réfléchir à la scolarisation des élèves handicapés et faire face à la non-pérennisation de l’accompagnement.” Une attitude jugée “schizophrénique”.“Ou alors ils ont de sérieux problèmes de cohérence” conclut le militant associatif.

inprimatu